Texte libre

C'est trop facile d'entrer aux églises
De déverser toute sa saleté
Face au curé qui dans la lumière grise
Ferme les yeux pour mieux nous pardonner

Tais-toi donc, grand Jacques
Que connais-tu du Bon Dieu
Un cantique, une image
Tu n'en connais rien de mieux

C'est trop facile quand les guerres sont finies
D'aller gueuler que c'était la dernière
Ami bourgeois vous me faites envie
Vous ne voyez donc point vos cimetières?

Tais-toi donc grand Jacques
Laisse-les donc crier
Laisse-les pleurer de joie
Toi qui ne fus même pas soldat

C'est trop facile quand un amour se meurt
Qu'il craque en deux parce qu'on l'a trop plié
D'aller pleurer comme les hommes pleurent
Comme si l'amour durait l'éternité

Tais-toi donc grand Jacques
Que connais-tu de l'amour
Des yeux bleus, des cheveux fous
Tu n'en connais rien du tout

Et dis-toi donc grand Jacques
Dis-le-toi bien souvent
C'est trop facile,
C'est trop facile,
De faire semblant.

Images aléatoires

Présentation

Qui sommes nous ?

 

Mimidd (Emilie), 22 ans.

Etudiante en Histoire à Lyon.

Passions : Histoire ^^, cinéma, musique (en particulier les artistes de la nouvelle scène française), littérature (surtout les classiques français et anglais).

 

Lilou (Hélène), 20 ans.

Etudiante en Infocom et en Science Politique à Lyon.

Passions : musique (Paul McCartney, Beatles, rock 60's/70's), journalisme.

Signe particulier : sort avec un mec né en Allemagne avec un nom portugais, un prénom russe et qui vit en France !

 

Mimy, 21 ans.

Etudiante en Lettres à Lyon.

Passions : les pandas, Rimbaud, les voyages, la littérature, le cinéma et les chansons à textes : ))

Jeudi 17 mai 2007

J'aime Jacques Brel et Barbara que je considère comme des poètes.

Je voue un culte à Barbara car elle exprime bien ce que je ressens, avec des mots toujours justes. Je me reconnais dans son atmosphère brumeuse et nostalgique. Petit aperçu de son univers avec quelques extraits sur des sujets récurrents chez elle :

Mon enfance :

Et j'aimais cela. Quand j'y pense
où mes printemps, où mes soleils,
où mes folles années perdues,
où mes quinze ans, où mes merveilles -
que j'ai mal d'être revenue -
où les noix fraîches de septembre
et l'odeur des mûres écrasées,
c'est fou, tout, j'ai tout retrouvé.

Nantes, sur le deuil, avec quelques vers simples et délicats, dignes de Verlaine je trouve :

Il pleut sur Nantes
Donne-moi la main
Le ciel de Nantes
Rend mon cœur chagrin

Dis, quand reviendras-tu sur l'amour à distance :

Le printemps s'est enfui depuis longtemps déjà,
Craquent les feuilles mortes, brûlent les feux de bois,
A voir Paris si beau dans cette fin d'automne,
Soudain je m'alanguis, je rêve, je frissonne,
Je tangue, je chavire, et comme la rengaine,
Je vais, je viens, je vire, je me tourne, je me traîne,
Ton image me hante, je te parle tout bas,
Et j'ai le mal d'amour, et j'ai le mal de toi,

Marienbad, sur l'amour perdu :

C'était un grand château, au parc lourd et sombre,
Tout propice aux esprits qui habitent les ombres,
Et les sorciers, je crois, y battaient leur sabbat,
Quels curieux sacrifices, en ces temps-là,
J'étais un peu sauvage, tu me voulais câline,
J'étais un peu sorcière, tu voulais Mélusine,

Je me souviens de toi
De tes soupirs malades,
Là-bas, à Marienbad,
A Marienbad,
Mais où donc êtes-vous ?
Où sont vos yeux de jade,
Si loin de Marienbad,
Bien loin de Marienbad,

Et Le soleil noir sur la dépression, qui est ma préférée de Barbara (je suis gaie parfois comme fille) :

Pour ne plus, jamais plus, vous parler de la pluie,
Plus jamais du ciel lourd, jamais des matins gris,
Je suis sortie des brumes et je me suis enfuie,
Sous des ciels plus légers, pays de paradis,
Oh, que j'aurais voulu vous ramener ce soir,
Des mers en furie, des musiques barbares,
Des chants heureux, des rires qui résonnent bizarres,
Et vous feraient le bruit d'un heureux tintamarre,
Des coquillages blancs et des cailloux salés,
Qui roulent sous les vagues, mille fois ramenés,
Des rouges éclatants, des soleils éclatés,
Dont le feu brûlerait d'éternels étés,

Mais j'ai tout essayé,
J'ai fait semblant de croire,
Et je reviens de loin,
Et mon soleil est noir,
Mais j'ai tout essayé,
Et vous pouvez me croire,
Je reviens fatiguée,
Et j'ai le désespoir,

Légère, si légère, j'allais court vêtue,
Je faisais mon affaire du premier venu,
Et c'était le repos, l'heure de nonchalance,
A bouche que veux-tu, et j'entrais dans la danse,
J'ai appris le banjo sur des airs de guitare,
J'ai frissonné du dos, j'ai oublié Mozart,
Enfin j'allais pouvoir enfin vous revenir,
Avec l'œil alangui, vague de souvenirs,
Et j'étais l'ouragan et la rage de vivre,
Et j'étais le torrent et la force de vivre,
J'ai aimé, j'ai brûlé, rattrapé mon retard,
Que la vie était belle et folle mon histoire,

Mais la terre s'est ouverte,
Là-bas, quelque part,
Mais la terre s'est ouverte,
Et le soleil est noir,
Des hommes sont murés,
Tout là-bas, quelque part,
Les hommes sont murés,
Et c'est le désespoir,

J'ai conjuré le sort, j'ai recherché l'oubli,
J'ai refusé la mort, j'ai rejeté l'ennui,
Et j'ai serré les poings pour m'ordonner de croire,
Que la vie était belle, fascinant le hasard,
Qui me menait ici, ailleurs ou autre part,
Où la fleur était rouge, où le sable était blond,
Où le bruit de la mer était une chanson,
Oui, le bruit de la mer était une chanson,

Mais un enfant est mort,
Là-bas, quelque part,
Mais un enfant est mort,
Et le soleil est noir,
J'entends le glas qui sonne,
Tout là-bas, quelque part,
J'entends le glas sonner,
Et c'est le désespoir,

Je ne ramène rien, je suis écartelée,
Je vous reviens ce soir, le cœur égratigné,
Car, de les regarder, de les entendre vivre,
Avec eux j'ai eu mal, avec eux j'étais ivre,
Je ne ramène rien, je reviens solitaire,
Du bout de ce voyage au-delà des frontières,
Est-il un coin de terre où rien ne se déchire ?
Et que faut-il donc faire, pouvez-vous me le dire ?
S'il faut aller plus loin pour effacer vos larmes,
Et si je pouvais, seule, faire taire les armes,
Je jure que, demain, je reprends l'aventure,
Pour que cessent à jamais toutes ces déchirures,

Je veux bien essayer,
Et je veux bien y croire,
Mais je suis fatiguée,
Et mon soleil est noir,
Pardon de vous le dire,
Mais je reviens ce soir,
Le cœur égratigné,
Et j'ai le désespoir,
Le cœur égratigné,
Et j'ai le désespoir...

Mêlant enfance et amour dans Sans bagages :

Le jour où tu viendras, le jour où tu viendras,
Le jour où tu viendras, ne prends pas tes bagages.
Que m'importe, après tout, ce qu'il y aurait dedans,
Je te reconnaitrai à lire ton visage.
Il y a tant et tant de temps que je t'attends.
Tu me tendras les mains, je n'aurai qu'à les prendre
Et consoler les voix qui pleurent dans ta voix.
Je t'apprivoiserai, les lumières éteintes.
Tu n'auras rien à dire, je reconnaitrai bien

Le tout petit garçon, le regard solitaire
Qui cachait ses chagrins dans les jardins perdus,
Qui ne savait jouer qu'aux billes ou à la guerre,
Qui avait tout donné et n'avait rien reçu.

Si je venais vers toi, je viendrais sans bagages.
Que t'importe, après tout, ce qu'il y aurait dedans.
Tu me reconnaîtrais à lire mon visage.
Il y a tant et tant de temps que tu m'attends.
Je te tendrais les mains, tu n'aurais qu'à les prendre
Et consoler les voix qui pleurent dans ma voix.
Tu m'apprivoiserais, les lumières éteintes.
Je n'aurais rien à dire, tu reconnaîtrais bien

La toute petite fille, aux cheveux en bataille
Qui cachait ses chagrins dans les jardins perdus
Et qui aimait la pluie et le vent et la paille
Et le frais de la nuit et les jeux défendus.

Quand viendra ce jour-là, sans passé, sans bagages,
Nous partirons ensemble vers un nouveau printemps
Qui mêlera nos corps, nos mains et nos visages.
Il y a tant et tant de temps que l'on s'attend.
A quoi bon se redire les rêves de l'enfance,
A quoi bon se redire les illusions perdues ?
Quand viendra ce jour-là, nous partirons ensemble,
A jamais retrouvés, à jamais reconnus.

Le jour où tu viendras, le jour où tu viendras,
Il y a tant et tant de temps que je t'attends...

Par Mimy - Publié dans : La littérature est l'essentiel, ou n'est rien
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Mardi 8 mai 2007

Linda Lemay

Paroles et Musique: Lynda Lemay   1992  "Y"
© 1992 - Disque Warner

Comment t'as fait maman,
Pour savoir que papa
Beau temps et mauvais temps
Il ne partirait pas
Est-ce que t'en étais sûre
Ou si tu savais pas
Est-ce que les déchirures ça se prévoit.

Comment t'as fait maman
Pour trouver le bon gars
Tu l'as connu comment,
Tu l'as aimé pourquoi
Est-ce qu'il y en avait juste un
Dans tout le présent siècle
Et y s'trouve que c'est toi qui dort avec

{Refrain:}
Comment t'as pu trouver,
Un homme qui n'a pas peur
Qui promet sans trembler
Qui aime de tout son cœur
J'le disais y a longtemps
Mais pas d'la même manière
T'as d'la chance maman
Le plus fort c'est mon père

Comment ça s'fait maman
Que dans ma vie à moi
Avec autant d'amants
Avec autant de choix
Je n'ai pas encore trouvé
Un homme comme lui,
Capable d'être ami, père et mari

Comment t'as fait maman
Pour lui ouvrir ton cœur
Sans qu'il parte en courant
Avec c'que t'as de meilleur
Est-ce qu'il y a des mots magiques
Que t'as dits sans t'rendre compte
Explique-moi donc c'qu'y faudrait que j'raconte.

{Refrain}

Quand j'ai l'air d'les aimer
Les hommes changent de regard
Si j'ose m'attacher
Y s'mettent à m'en vouloir
Si je parle d'avenir
Y sont déjà loin derrière
J'avais raison d'le dire,
Le plus fort c'est mon père.

Vas-tu m'dire maman
Comment t'as pu savoir
Dès le commencement,
Qu'c'était pas un trouillard
Qu'il allait pas s'enfuir
Et qu'il allait tout faire
Pour que je puisse dire
Le plus fort c'est mon père

Quel effet ça t'as fait
Quand tu l'as rencontré
Est-ce que ça paraissait
Qu'il allait tant t'aimer
Les hommes bien souvent
Paraissent extraordinaires
Mais dis-toi bien maman
Qu'le plus fort...c'est mon père.

http://www.radioblogclub.com/open/142648/linda_lemay/Linda%20Lemay%20-%20mon%20pere%20c%27est%20le%20plus%20fort

Par Mimy - Publié dans : La musique est la langue des émotions
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Lundi 7 mai 2007

Un nouveau président. Et une nouvelle déception.

Je pense à Ségo, à ce qu'elle a affronté pour arriver au deuxième tour, contre son parti, contre l'avis général. Elle a été combattive et courageuse. Qui peut le nier ? Je pense à ce qu'elle aura encore à affronter, avec les éléphants du PS qui aiguisaient leurs couteaux en silence. En l'accusant d'avoir fait une mauvaise campagne (il faut rappeler qu'elle a tout porté sur ses épaules), ils méprisent une bonne partie de leurs électeurs socialistes qui ont voté et cru en elle. Est-ce digne d'un grand parti démocratique de négliger et railler ainsi une élection qui a porté tant d'espoirs ? Si je me détourne pour un temps du PS, ce ne sera pas à cause d'elle, mais d'eux. Pas un mot pour le chemin parcouru, pas un mot pour les sueurs versées, pas un mot pour elle..

Je mets ici un extrait d'un article de Jean Daniel du Nouvel Obs, qui m'a beaucoup plu :

VOUS AUREZ donc soutenu Ségolène Royal ! –Toute autre attitude eût été indigne de notre histoire. – Vous n’avez aucun regret ? – Aucun. – Si c’était à refaire ? – Je ne vois pas ce que je pourrais faire d’autre. Non, je ne vois pas, quand je pense à l’état dans lequel le Parti socialiste se trouvait il y a à peu près un an. Souvenons-nous : il était encore tout rouge des traces qu’avaient laissées l’échec de Lionel Jospin en 2002 et les déchirements qui ont eu lieu lors du référendum pour le Traité constitutionnel européen de 2005. C’est alors que Ségolène est arrivée, déconcertant par sa détermination sereine et son charme lumineux. Personne ne soupçonnait qu’elle se préparait depuis longtemps à affronter une compétition avec les siens. Personne ne pouvait se douter qu’elle s’y préparait seule, sans équipe, sans appuis, décidée à déjouer les pièges, à éviter les tutelles et à s’affranchir des appareils.

Elle n’a d’ailleurs rien fait d’autre que de résister à tous. Elle a pris le risque d’augmenter le nombre de ses ennemis, la jalousie de ses rivaux, l’impatience de ses aînés. Elle a fait son chemin dans la fameuse solitude du coureur de fond. Elle a fini par occuper le terrain socialiste, puis l’espace de la gauche. Son parcours a eu des ratés, des accidents, des insuffisances. Elle a été parfois trop agressive lors du débat télévisé avec Nicolas Sarkozy. Elle a commis une faute indiscutable à la veille du scrutin en prophétisant des émeutes en cas de victoire de son adversaire. Sur l’exigence de répartir des richesses avant d’en créer, sur l’opportunité d’une VIe République comme sur le projet d’un nouveau référendum sur l’Europe, elle n’a pas été convaincante. Mais sur tous ces sujets son adversaire ne l’a pas été davantage et elle aura dignement représenté la gauche dans un combat qui a passionné un peuple soudain mobilisé, politisé et motivé.

Je ne crois pas, cependant, que les pressions archaïques du vieux Parti socialiste puissent expliquer à elles seules l’échec de Ségolène. Je crois qu’elle n’a pas eu le temps de fourbir ses armes, d’ajuster son tir et de tirer les leçons de son expérience socialiste. Je crois enfin et surtout qu’elle s’est trouvée en face d’une bête politique comme il y en a eu peu dans l’histoire de la République. Rarement un homme a manifesté pendant de si longues années autant de frénétique énergie et de pugnacité obsessionnelle pour conquérir le pouvoir et de diabolique habileté pour faire oublier qu’il l’avait bel et bien exercé. Ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, président de l’UMP, qui dit mieux ? On a dit de Ségolène qu’elle se croyait habitée. Elle l’était. Lui, Sarkozy, pour aller jusqu’au bout d’une ambition dévastatrice, n’a cessé de combattre dans la fureur et la certitude.

Par Mimy - Publié dans : Le pire ennemi du journaliste, c'est l'information
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Mardi 24 avril 2007

  

   Les pays étrangers se passionnent pour le débat politique français et leur presse en dit long sur leur vision du pays. Quelques extraits :

   En Suisse : L'éternel bipartisme droite-gauche reflète, pour le journal Le Temps, une crise nationale : la France serait un pays coupé en 2 !! La première, explique le quotidien de Genève, "celle qui s'est ralliée à Nicolas Sarkozy, n'en peut plus de la pesanteur et des restrictions imposées par l'Etat, des impôts et des prélèvements, de l'assistanat et des «voyous», qu'elle assimile volontiers à l'immigration. Cette France-là appelle de ses vœux un 'coup de Kärcher' à la fois libéral et sécuritaire. C'est bien ce que redoute la France qui a voté Ségolène Royal : elle craint les effets de la mondialisation, la perte des acquis sociaux, la disparition des services publics… elle ne dit pas non à toute réforme, mais rejette l'opération sans anesthésie que semble lui préparer le docteur Sarkozy."

   En Colombie : "Le slogan que Nicolas Sarkozy veut éviter au second tour est Sarko = facho. Il apparaît clairement que le candidat conservateur va s'attacher à se montrer plus doux, plus paternaliste. Son premier discours d'après-premier tour l'a bien montré. Il doit éviter le baiser de la mort du FN. Il ne faut pas que Le Pen dise de lui qu'il est le candidat idéal."

   En Argentine (l'un de mes articles préférés, qui fleure bon une déception légitime) : "Ce que l'on a vu et entendu pendant la campagne doit servir aussi de contre-exemple pour de nombreux pays émergents ou du tiers-monde qui observent avec dévotion le fonctionnement des opulentes démocraties occidentales : rien n'y est aussi égalitaire ni aussi idéal qu'on peut le penser. Les torrents de boue et de machisme qui se sont déversés sur la candidate ne paraissent pas dignes d'une démocratie avancée. Les questions liées à l'immigration, à l'identité nationale et certaines dérives vers le patriotisme ne semblent pas non plus cadrer avec la vision qu'a le reste du monde d'une démocratie comme celle de la France. Le sexisme et un certain racisme structurel se sont pourtant manifestés quotidiennement ces trois derniers mois. Les immigrés craignent la victoire de Sarkozy. Pour beaucoup, sa présidence équivaudrait à une expulsion, à une réduction de leurs acquis, y compris pour ceux qui résident légalement en France depuis plusieurs décennies et sont parfaitement intégrés. Son discours, qui mêle les idées les plus disparates, incite à la crainte et à la prudence.
Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal sont deux survivants d'un système qui laisse peu de places aux marges. Sarkozy a recueilli un très grand nombre de voix, alors même qu'il a passé cinq ans dans un gouvernement qui a exacerbé la fracture sociale. Royal a eu raison des éléphants – les leaders socialistes – et de tous ceux qui, dans les médias, la considéraient comme une candidate d'opérette. On peut presque penser que la présence de Ségolène Royal au second tour est un miracle. Tout ce que la France compte de personnalités politiques s'est moqué d'elle à un moment ou un autre. Son propre parti n'est pas étranger à cette vague de plaisanteries qui circulaient dans la classe politique française. Ceux-là même qui la défendaient à contrecœur sur les plateaux de télévision dimanche soir l'ont démoli hors caméra."

   En Allemagne : "La hausse soudaine de popularité qu'a connue le candidat du centre François Bayrou dans les sondages il y a deux mois s'est avérée un feu de paille. Pendant un temps, nombre de conservateurs à qui Sarkozy paraissait trop avide de pouvoir, et beaucoup de socialistes qui cherchaient encore un programme précis auprès de la candidate Royal, s'étaient laissés séduire par le sympathique fils d'exploitant agricole qu'était Bayrou. Mais au bout du compte, la perspective d'un flou au niveau du pouvoir les a dissuadés de pencher vraiment en sa faveur. Car à l'Assemblée nationale, Bayrou ne dispose d'aucune base, ce qui, finalement, a dû jouer en sa défaveur aux yeux de beaucoup de Français.
Par conséquent, la vraie surprise de cette élection, c'est la gifle qu'a essuyée l'extrémiste de droite Jean-Marie Le Pen. Avec Sarkozy, Le Pen a trouvé son maître. Sarkozy qui, tout au long de la campagne, est allé à la pêche aux voix à la lisière de la droite en adoptant un discours musclé. La stratégie du candidat de l'UMP, le parti de la droite classique au pouvoir, qui consistait à glaner des suffrages dans le camp de Le Pen sans pour autant en perdre trop au centre, lui aura réussi."

   En Roumanie (bon article dans une certaine mesure. Contrairement à eux, je pense que Ségo n'est pas une "réciteuse" mais que sa sincérité est encore trop "rigide") : "Cartésiens, rationnels, les Français présidentiables n'ont pas misé sur le spectacle mais sur le programme. Ils n'ont pas misé sur la spontanéité des confrontations, qui, dans des moments de crise "d'élocution" fait ressortir une vérité humaine et apparaître le degré de solidité des convictions, des idées, des arguments. Ils ont, en échange, préféré les promesses enflammées dans les bains de foule et les gabarits décevants de marketing électoral : dans le cadre classique de la livraison d'un discours sans interactivité, ces promesses ont semblé, plus que jamais, des instruments de propagande morte. Et pourtant les Français ont voté massivement, avec passion. On a là une leçon étonnante de conscience civique. Un prince et une princesse sont sortis vainqueurs, chacun avec son capital de séduction. Chacun en partie faits d'une fibre on ne peut plus différente.
Ségolène est une vraie princesse, mais elle semble être une princesse "assistée" : derrière ses discours on a pu sentir son armée de conseillers. Elle a, néanmoins, un fort instinct politique. La lumière circonspecte, vaguement inquiète, qui brille dans ses yeux, le temps d'une question de journaliste, peut ensuite disparaître en un clin d'œil : elle se replie rapidement sur son sujet et récite sa leçon de manière impeccable. Avant les élections, elle avait conclu la dernière intervention sur France 2 de manière "royale". "Français, attention, le monde entier nous regarde, attend quelque chose de notre part, une première". D'une certaine façon, elle a attachée à sa robe de possible présidente de la France, le monde entier, comme traîne. Si elle devait gagner les élections le 6 mai, certains craignent que sa traîne ne devienne un habit trop lourd pour ses épaules.
Nicolas est fait dans un autre moule princier. Un qui a besoin de sa cour, une cour qui soit capable d'admirer la clarté et le tranchant de son esprit. Sarkozy n'a jamais laissé transparaître, dans ses discours, son armée de conseillers. Au fil du temps, en tant que ministre vedette, il a affûté ses réactions qui laissent croire qu'il mettrait en pratique tout ce qu'il affirme, tellement il s'agit là de convictions enracinées. Les questions des journalistes ne lui font pas peur, elles lui donnent juste le frisson d'un cheval pur-sang qu'on empêche de courir à sa guise."

   En Belgique : "Le recul de l'extrême droite est frappant, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal ont tous les deux répondu à des thèmes sur lesquels le Front national a (trop) longtemps eu le monopole (sécurité, patriotisme, loi et ordre). Ce résultat prouve que l'on peut récupérer les électeurs d'extrême droite sans pour autant se compromettre avec les partis d'extrême droite."

   En Russie : "En premier, un immigré hongrois avec des racines juives qui affirme "Nous sommes tous Français", propose les réformes économiques les plus radicales, affiche une volonté extrêmement risquée de rupture avec le passé et déclare ouvertement admirer les Etats-Unis. Et malgré cette "marginalité", il a fait toute la course en tête des sondages. Cela semble presque incroyable, mais c'est ainsi.
En deux, une dame. Point. "Si nous élisons une femme, cela signifiera que nous avons changé. Peu importe que Ségolène ait fait un moins bon score que Sarkozy. Si la France vote pour une femme, cela voudra dire que la France est en train de changer. (..).

C'est dès 2002 que la France s'est condamnée à un choix révolutionnaire, horrifiée de s'être vu tomber au niveau de Le Pen. Le résultat du premier tour est intéressant d'un point de vue tactique, mais n'est pas décisif d'un point de vue stratégique, car de toute façon, la France se retrouvera avec un président ou une présidente d'une génération nouvelle, formé autrement, placé face à d'autres défis, parce que l'Histoire n'a pas laissé d'autre solution à ce merveilleux pays."

   En Espagne : "Ségolène et Sarkozy passent avec une avance confortable. L'importante participation me fait penser que quelque chose d'important s'est passé et se passe. Un regain d'intérêt pour la politique. Satisfaction d'abord pour la France. Mais aussi pour l'Europe. Un régime politique qui suscite une telle participation, même si certains veulent le dire en crise, nous montre une santé enviable. Tout va se jouer sur la personnalité des deux candidats. Les programmes seront relégués au second plan. Le vainqueur sera celui qui suscitera le moins d'animosité chez l'électorat. Sarkozy est un candidat terrible, plus dur et professionnel que Ségolène. Mais il peut se blesser tout seul par son tempérament impétueux. Ségolène jouera à fond la carte de la féminité, de la tranquilité tout en étant capable de protéger la société."

   Au Chili : "Les jeux ne sont pas faits, c'est assez ouvert et la bataille sera dure pour Ségolène Royal. Mais elle peut réussir. Au Chili, Michèle Bachelet l'a fait. Elle est à la tête d'un gouvernement social-démocrate-chrétien. Chez vous, on pourrait dire qu'il s'agit d'une alliance de Bernard Kouchner ou Michel Rocard à François Bayrou en passant par Ségolène Royal. Chez nous, nous avons suivi avec attention la campagne de la candidate socialiste car elle a de nombreux points communs avec notre présidente : un père gradé de l'armé notamment. Et les deux femmes se sont imposées dans leur propre camp contre les appareils politiques. Reste à savoir si Ségolène Royal va suivre le même chemin victorieux." 

 

Par Mimy - Publié dans : Le pire ennemi du journaliste, c'est l'information
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Samedi 21 avril 2007

Je vais essayer de dire quelques mots sur le sujet. Ce sera la première fois que je vote et je me sens d'un coup très responsable (un peu adulte donc). Je me renseigne de-ci de-là et je pioche des opinions chez mes amis qui sont en majorité gauchistes (même très..). C'est supra important pour nous cette première élection présidentielle, on a pas envie de passer à côté, mais on ne se laisse pas non plus bercer par de douces illusions, on se sent un peu oubliés par tous ces vieux politiciens !!

J'ai toujours eu une préférence mais comme on m'accuse de subjectivité, j'ai passé pas mal de temps à me justifier. Ma famille n'a pas du tout les mêmes opinions que moi, et désormais j'évite les débats politiques afin d'épargner mes nerfs et mon équilibre psychologique. J'ai appris aussi que dans la plupart des familles, les avis divergeaient. Quand on sait que les discussions sur le sujet s'enflamment très vite..bref je sens que des réunions de famille ont sans doute été annulées pour cause d'élections !! : ))

Ma dernière trouvaille : cet excellent test qui vous aidera à y voir plus clair, si ce n'est pas déjà fait (faut dire 30% d'indécis c'est un peu beaucoup !!). Il explique les détails, compare le programme des candidats point par point avec nos réponses.

Moi je l'ai fait, et les résultats m'ont fait rire, bien qu'ils ne m'aient pas étonnée outre mesure. Et je comprends enfin qu'on n'englobe pas tout un programme car chacun comprend la politique à son niveau, un programme est fait des petites facettes de toute nos vies (oulala c'est un peu lourd : )) ). Maintenant, je ne peux pas dire que j'irai voter très satisfaite de moi, cependant j'ai quand même quelques certitudes (alléluia !! : )) ).

En fait, il faudrait aller voter, même si on y croit pas. Je pense que c'est un devoir de citoyen, plus qu'une liberté. Et si ce n'est pas pour, ce sera au moins contre quelqu'un. "Si tu ne t'occupes pas de politique, la politique s'occupera de toi !".

Je me sens très intimidée par cette nouvelle responsabilité. J'ai quand même peur de faire de mauvais choix -mais le destin national ne repose pas sur mes frêles épaules non plus, faut que je me calme... Pourtant une erreur de jugement, et les choses sont faussées -par certaines conjectures indépendantes de notre volonté parfois. : ((

Allez faire ce test, qui est très bien, afin de voter en toute connaissance de cause : http://www.jevotex.fr/votex/index.jsp

Par Mimy - Publié dans : Le pire ennemi du journaliste, c'est l'information
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Mardi 17 avril 2007

  Dur dur d'être une femme moderne ! D'abord il faut concilier nos droits et libertés (réclamés et tout à fait légitimes) et les fantasmes masculins (hum). Le nouveau c'est qu'ils voudraient qu'on se mette au sport ! Et puis quoi encore ?!

Moi j'aime pas le sport. Pour la simple raison que je me trouve pas grosse (oui je sais "garder la forme.." blabla). N'empêche que mes copines sont pas non plus des acharnées du sport.

Pourtant jusqu'à l'adolescence j'en ai fait (si ! si !) : je courais plus vite que les garçons en primaire (ça peut toujours servir), et j'étais douée en endurance. J'ai pratiqué la danse et le badminton quelques années et je rêvais même de me mettre au karaté, à l'équitation, à la gym etc.. Comme quoi on change -pour ceux qui en doutaient encore.
Pour avoir une vie saine, paraît qu'il faut du sport et une alimentation équilibrée. Je me mettrai à l'alimentation équilibrée plus tard -quand j'aurai plus le stress des exams, les soirées crêpes ou McDo, le manque de sous pour acheter bio, des envies intermittentes de chips..- quant au sport..
 
Je marche pas mal, je suis pas une obsédée des transports en commun, c'est déjà ça. Et j'aime la mer, mais ce n'est pas pour nager. Maintenant, même le fait de danser dans une fête me demande un gros effort de motivation. Je n'aime pas regarder non plus le sport à la télé sauf quand c'est Marat Safin qui joue au tennis (mais là il se fait vieux je crois). Je regarde le patinage artistique car j'ai eu une colocataire qui le pratiquait à un haut niveau (on était d'ailleurs comme le jour et la nuit - mais Laure si tu me lis, c'était une bonne année avec toi ! )
 
Je ne sais plus pourquoi, le sport et moi nous sommes fâchés. Peut-être quelques traumatismes qui remontent au sport obligatoire au collège avec une grosse prof-lesbienne-sadique ou quelques mauvais souvenirs d'haltères (oh mon Dieu..) ou encore les compétitions de course organisées par un esprit tordu de l'époque. 
En fin de compte, le sport m'a fait plus de mal que de bien : je suis tombée en vélo, je suis tombée en roller, je suis tombée au ski -j'ai d'ailleurs fini par descendre sur les fesses..
 
Mais c'est décidé, ma fille sera une championne de patinage artistique -quoi ?! chacun ses obsessions étranges !- et moi je referai du badminton après mes deux grossesses -oui, seulement deux parce qu'au-delà j'imagine que même le sport ne sert plus à rien.
 
Si vous êtes comme moi, sachez que récemment les scientifiques ont réussi à prouver que le cerveau peut avoir des effets sur le corps ! S'imaginer jouer du piano augmenterait la surface corticale -qui contrôle les doigts ! On deviendrait alors plus agile, seulement en imaginant ! L'esprit a un pouvoir indéniable sur le corps et, en attendant les nouvelles découvertes scientifiques, je continue à me prélasser ! Pour le dire autrement : joindre l'utile à l'agréable -mais souvent je préfère l'agréable à l'utile.
Par Mimy - Publié dans : Peurs et angoisses métaphysiques
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Vendredi 30 mars 2007
Artiste: Fatals Picards (Les)
Chanson: Mon Père Etait Tellement De Gauche



On ne choisit pas son enfance, on m’a pas laissé être droitier
Mon père m’emmenait jamais au square mais au réunion de comité
Mon père était tellement de gauche qu'on habitait rue Jean Jaurès
En face du square Maurice Thorez avant d’aller vivre à Montrouge

On a été en U.R.S.S. l’hiver , les pays de l’est c’est mieux l’hiver
On voit bien mieux les bâtiments, les nuances de gris ça flashent sur le blanc
Devant la statue de Lenine, pour nous c’était le grand frisson
Moins 24 c’était pas terrible et les chapkas étaient en option
Mon père était tellement de gauche que quand est tombé le mur de Berlin
Il est parti chez casto pour acheter des parpaings.

On mangeait des Lenin’s burger, fallait vraiment faire attention
Il y avait du choux une pomme de terre, la viande elle était en option
On achetait du coca Kolkose, approuvé par le comité
Ça devait soigner la silicose, on s’en servait pour désherber
On regardait pas la contrebande, on regardait pas la corruption
La Sibérie c’était disneyland, le discernement en option.

Mon père était tellement de gauche qu’à son mariage dans l’eglise
On chantait l’internationale, les femmes portaient des faux cils
Mon père était tellement de gauche, on a eu tout pleins d’accident
Il refusait la priorité à droite systématiquement.

Les copains se foutaient de moi tout le temps, car à l’école au premier rang
J’avais mes lunettes de Brejnev et le dentier d’un Tupolev
Mon père était tellement de gauche, qu’en 81 il croyait que ça changerait
Je crois même qu’il en rêvait en 2002 en allant voter
Et même si tout ce que je raconte n’est pas tout à fait vrai
Le socialisme comme paradis nous on y croyait
Mon père était tellement de gauche, que lorsqu’il est parti
La gauche est partie avec lui.

http://www.youtube.com/watch?v=7HuyyrArXaQ
Par Mimy - Publié dans : La musique est la langue des émotions
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Vendredi 23 mars 2007

 
 
De Woody Allen
 
Avec Jonathan Rhys-Meyers, Scarlett Johansson, Emily Mortimer, Matthew Goode...
(Sortie en salles le 26 Octobre 2005)
 
J'ai adoré ce film, et comme je ne suis pas aussi douée que Mimidd en ce qui concerne les critiques de cinéma, je vous donne cet article sur le film par Pierre Murat de Télérama qui sera certainement plus à la hauteur que moi pour présenter ce chef-d'oeuvre de Woody Allen :
 
Une question de chance. Prenez le tennis, par exemple. La balle que vous avez jouée touche le filet. Si vous avez la poisse, elle retombe dans votre camp et vous perdez l’échange. Si la baraka est avec vous, elle se décide à ridiculiser l’adversaire et c’est vous qui remportez le point. Et le set et le match.
C’est sur une balle de tennis en suspens que s’ouvre le nouveau Woody Allen, le plus beau qu’il ait récemment réalisé, l’égal des réussites qu’il alignait annuellement dans les années 8O : Hannah et ses sœurs, La Rose pourpre du Caire, Crimes et délits, Une autre femme.
Cette balle ressemble au destin du héros, un superbe jeune homme (Jonathan Rhys-Meyers), dont l’indéniable beauté se mêle, on le devine instantanément, à une sorte d’inquiétante veulerie. Chris Wilton a été tennisman professionnel. Plutôt doué, mais pas assez pour devenir un Agassi, un Kuerten ou un Federer. Le voilà, donc, reconverti professeur dans un quartier huppé de Londres. Parmi ses clients, un fils de riche (Matthew Goode), si délicieusement à l’aise avec son fric et son milieu qu’il en devient presque sympa. Tom Hewitt a une sœur, Chloé (Emily Mortimer) qui tombe vite amoureuse du beau tennisman. Ravis de voir leur fille enfin heureuse, les parents acceptent le parvenu : ils lui donnent un métier, un appartement, une voiture, des fringues. Chris est, désormais, tout près de la réussite sociale dont il avait rêvé. A condition de ne pas gâcher sa chance.
Ce qu’il va faire en tombant éperdument amoureux, sensuellement et sexuellement raide dingue, de l’ex-copine de son beau-frère, Nola Rice (Scarlett Johansson). Une déclassée comme lui, doublement dans cette Angleterre très british puisqu’elle est américaine. Triplement parce qu’ actrice sans avenir. Tout se complique lorsque Nola, enceinte, menace de faire un esclandre…
Dans ce conte grave, pessimiste comme il les aime, sur l’inconséquence des êtres et l’ironie de la vie, Woody retrouve une verve depuis quelque temps disparue. Et soudain transposés chez les classieux anglais, ses chers et insupportables bobos newyorkais revivent, soudain, très différents et pourtant si semblables à leurs lointains cousins par leur cruauté enfantine et leur inconscience obstinée. C’est évidemment à Crimes et délits que l’on songe : les deux films ont en commun une réflexion épouvantée sur la présence du Mal, tapie en chacun de nous et sur la lutte perdue d’avance pour lui échapper. On songe aussi, même si aucun élément du générique ne l’annonce, au célèbre roman de Theodore Dreiser, Une tragédie américaine, souvent adapté à l’écran, signée dans sa version la plus célèbre, par George Stervens, avec Montgomery Clift et Elizabeth Taylor (Une place au soleil).
Si ce n’est que, dans son côté Rastignac, Jonathan Rhys-Meyers est nettement plus duplice que Montgomery Clift. C’est un redoutable indifférent, capable du pire, mais jamais du meilleur, sous son apparence polie, policée, aimable et séductrice. Une courte scène suffit à Woody pour définir le personnage : dans son lit, le soir, Chris s’attaque à un chapitre de Crime et châtiment. Après quelques secondes, seulement, il remplace le livre par un guide de Cambridge sur Dostoievski. Chris ne va jamais au cœur des choses, il se contente de surfer, constamment, sur l’art, la vie et les sentiments…
Tout, dans ce film qui dure deux heures (une rareté pour Woody) est vif, malin, précis et jubilatoire. Ses adversaires pourront juste retrouver, ajoutée à sa misanthropie légendaire, une misogynie de plus en plus affirmée. C’est que, depuis Mia Farrow dans Maris et femmes, les « passives-agressives » se multiplient chez Woody et aucune des héroïnes de Match Point n’y échappe – même si Emily Mortimer est souvent, émouvante et Scarlett Johansson, elle, à chaque instant, d’une sensualité à tomber.
Techniquement soigné - ce qui n’était plus guère le cas, depuis quelques années (décors utiles et non plus utilitaires, mouvements de caméra élégants et non plus fonctionnels), le film se clôt sur une pirouette étincelante et cynique que Woody avait déjà amorcée dans son dernier film sorti en salles, Melinda et Melinda. Mais la morale de tous ses films récents est la même : la vie est courte, on la joue sur un coup de dés. Et autant en emporte le vent…
 
Et voici, pour finir, une superbe vidéo résumant cette histoire passionnelle en musique (Le boléro extrait du générique du film "Moulin Rouge") :
 
 
 
 
Dernier message, allez voir ce film, qui est excellent mais allez aussi voir le Voile des Illusions (dont Mimidd a fait la promotion), en vost de préférence, parce que ces deux films sont à ne pas manquer!!! ;-)
 
 
 
Par Lilou - Publié dans : Le cinéma montre l'invisible
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Lundi 19 mars 2007

Ne vous méprenez pas, je ne vais pas vous faire un article tout à fait sérieux..Et je ne vais pas écrire beaucoup, juste pour annoncer ce qui va suivre. Voici une vidéo, celle du générique du film HELP! des Beatles datant de 1965, période lors de laquelle Bob Dylan les eut initiés au cannabis (la vidéo qui s'ensuit en dépeint les effets secondaires, ^^). Montrer qu'un générique, drôle d'idée, me direz-vous?...A priori, oui. Mais regardez et vous comprendrez que c'est un générique tout à fait hors norme et hilarant, où l'on entend les Beatles Paul et John, improviser des vocalises d'opéra (il s'agit là du Barbier de Séville de Rossini, une musique délicieuse et entraînante, soit dit en passant) tandis que Monsieur George Harrison fait sa publicité (après ça, si vous n'avez toujours pas saisi que la chanson "I need you" était de lui, alors je n'ai plus qu'à vous conseiller de consulter un ORL :-))!! Tout cela pour finir sur un "THE END" des plus assourdissants (que même les sourds pourraient entendre) interprété (ou tonitrué, au choix!) par Paul, avec passion et ardeur!! Merci Paul, on a pu lire que c'était la fin!! ^^

Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter un bon visionnage. En espérant que vous apprécierez et que vous aurez une autre image des Beatles que celle de playmobiles en costumes de gendre idéal...

 

 

 

 

Par Lilou - Publié dans : La musique est la langue des émotions
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