Texte libre

C'est trop facile d'entrer aux églises
De déverser toute sa saleté
Face au curé qui dans la lumière grise
Ferme les yeux pour mieux nous pardonner

Tais-toi donc, grand Jacques
Que connais-tu du Bon Dieu
Un cantique, une image
Tu n'en connais rien de mieux

C'est trop facile quand les guerres sont finies
D'aller gueuler que c'était la dernière
Ami bourgeois vous me faites envie
Vous ne voyez donc point vos cimetières?

Tais-toi donc grand Jacques
Laisse-les donc crier
Laisse-les pleurer de joie
Toi qui ne fus même pas soldat

C'est trop facile quand un amour se meurt
Qu'il craque en deux parce qu'on l'a trop plié
D'aller pleurer comme les hommes pleurent
Comme si l'amour durait l'éternité

Tais-toi donc grand Jacques
Que connais-tu de l'amour
Des yeux bleus, des cheveux fous
Tu n'en connais rien du tout

Et dis-toi donc grand Jacques
Dis-le-toi bien souvent
C'est trop facile,
C'est trop facile,
De faire semblant.

Images aléatoires

Présentation

Qui sommes nous ?

 

Mimidd (Emilie), 22 ans.

Etudiante en Histoire à Lyon.

Passions : Histoire ^^, cinéma, musique (en particulier les artistes de la nouvelle scène française), littérature (surtout les classiques français et anglais).

 

Lilou (Hélène), 20 ans.

Etudiante en Infocom et en Science Politique à Lyon.

Passions : musique (Paul McCartney, Beatles, rock 60's/70's), journalisme.

Signe particulier : sort avec un mec né en Allemagne avec un nom portugais, un prénom russe et qui vit en France !

 

Mimy, 21 ans.

Etudiante en Lettres à Lyon.

Passions : les pandas, Rimbaud, les voyages, la littérature, le cinéma et les chansons à textes : ))

Jeudi 18 janvier 2007

 J'ai fait un exposé sur le libertinage dans le livre Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos. Je ne sais pas comment on appelle ça mais après un gros devoir, je reste hantée pendant longtemps. Je ne résiste donc pas à mon envie de parler de ce livre et de Choderlos de Laclos encore..

   Quelques mots sur le libertinage : son étymologie est libertinus qui signifie affranchi en latin. Il apparaît sous Henri IV et Louis XIII et se développe tout au long du XVIIe et XVIIIe siècle. Le libertinage est d'abord une revendication d'indépendance vis-à-vis de l'Etat, l'Eglise et la Tradition. Les libertins sont des libres-penseurs et des savants. C'est le libertinage érudit. Au siècle suivant les Lumières reprennent cette notion d'esprit critique des libertins et leur "humanisme". En même temps, on voit apparaître le libertinage dit "de moeurs". Les libertins sont menacés par l'Eglise et sont contraints, pour se protéger, d'utiliser un langage allusif, ironique et plein de sous-entendus..

   Les deux libertins de Laclos répondent bien à tous ces critères, ils sont intelligents, libres et débauchés. On finit par s'y attacher malgré le fait qu'ils soient machiavéliques, pervers et impitoyables. Leurs victimes sont tellement dévotes ou niaises qu'elles ne peuvent qu'inspirer le mépris. Laclos ne punira pas franchement les coupables d'ailleurs (en cela, ce livre est loin d'être "moral") puisque le Vicomte de Valmont trouve la rédemption dans la mort, et la Marquise de Merteuil parvient à s'enfuir avec une partie de sa fortune.

   Laclos semble même mettre en avant le caractère exceptionnel de cette dernière; féministe avant la lettre. Elle manipule son monde; dévote au milieu des femmes, libertine avec ses amants. Elle se sent supérieure à tous : elle jouit de son pouvoir sur les hommes : "Ces tyrans détrônés devenus mes esclaves". Elle veut, dit-elle, "venger mon sexe" mais elle n'est pas plus tendre avec les femmes : "mes principes (..) ne sont pas, comme ceux des autres femmes, donnés au hasard, reçus sans examen et suivis par habitude, ils sont le fruit de mes profondes réflexions; je les ai créés, et je puis dire que je suis mon ouvrage". A cette époque où les femmes ne peuvent choisir qu'entre un mariage arrangé ou le couvent (les plus brillantes ouvrent des Salons), Laclos met en scène une femme forte, indépendante, qui maîtrise sa vie. Il a écrit (j'ai été surprise de l'apprendre !) un traité sur l'éducation des femmes dans lequel il dénonce leur "esclavage", il défend la femme, qui est naturellement l'égale de l'homme, mais il ajoute que dans la société de l'Ancien Régime, toute femme est esclave et que pour compenser son manque de force, elle est obligée d'utiliser la ruse et l'hypocrisie comme la Marquise de Merteuil !

   Les deux libertins, qui pratiquent l'irreligion à un haut degré, ont des phrases d'une vanité absolue, ils recherchent la puissance et la gloire à l'égal des dieux : "J'oserai la ravir au dieu même qu'elle adore (..). Je serai vraiment le Dieu qu'elle aura préféré" (Valmont), " Me voilà comme la Divinité.." (Merteuil).

   Ils suivent leurs principes et non les sentiments, qu'ils méprisent : "Vous voilà donc à la campagne, ennuyeuse comme le sentiment et triste comme la fidélité !" (Valmont).

   Je suis à chaque lecture impressionnée par la pureté et la perfection de la langue de Laclos. Je voudrais mettre ici la lettre écrite par la Marquise de Merteuil et envoyée par le Vicomte de Valmont à sa douce maîtresse :

" On s'ennuie de tout, mon Ange, c'est une Loi de la Nature; ce n'est pas ma faute. "

" Si donc je m'ennuie aujourd'hui d'une aventure qui m'a occupé entièrement depuis quatre mortels mois, ce n'est pas ma faute. "

" Si, par exemple, j'ai eu juste autant d'amour que toi de vertu, et c'est sûrement beaucoup dire, il n'est pas étonnant que l'un ait fini en même temps que l'autre. Ce n'est pas ma faute. "

" Il suit de là que depuis quelque temps je t'ai trompée: mais aussi, ton impitoyable tendresse m'y forçait en quelque sorte! Ce n'est pas ma faute. "

" Aujourd'hui, une femme que j'aime éperdument exige que je te sacrifie. Ce n'est pas ma faute. "

" Je sens bien que voilà une belle occasion de crier au parjure: mais si la Nature n'a accordé aux hommes que la constance, tandis qu'elle donnait aux femmes l'obstination, ce n'est pas ma faute. "

" Crois-moi, choisis un autre Amant, comme j'ai fait une autre Maîtresse. Ce conseil est bon, très bon; si tu le trouves mauvais, ce n'est pas ma faute. "

" Adieu, mon Ange, je t'ai prise avec plaisir, je te quitte sans regret: je te reviendrai peut-être. Ainsi va le monde. Ce n'est pas ma faute. "

   C'est sans doute la meilleure lettre de rupture de la littérature, ah oui celle que Rodolphe envoie à Emma n'est pas mal non plus, lui qui veut la tromper en mouillant la lettre avec de l'eau pour imiter les larmes..!!

   Pour apprécier toute la virtuosité et le cynisme de Laclos, il faut lire la fameuse lettre enflammée de Valmont à Madame de Tourvel qu'il a écrite tout simplement sur le corps d'une courtisane ! Les phrases à double-entente sont sublimes et drolatiques.

   J'espère que cet article vous donnera l'envie de (re)découvrir ce chef-d'oeuvre romanesque. Un très bon film a été réalisé par Stephen Frears avec Glenn Close et John Malkovich dans les rôles principaux. Mimidd est plus apte à en parler que moi si elle l'a vu..

Par Mimy - Publié dans : La littérature est l'essentiel, ou n'est rien
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Mardi 16 janvier 2007

De Darren Aronofsky

Avec Rachel Weisz, Hugh Jackman ...

(Sorti en salles le 27 décembre 2006)

Première revue ciné de l'année, pour un véritable coup de coeur ...

Un homme, une femme, l'inexorable ...

 

          De nos jours : Tommy Creo, chercheur en oncologie, passe ses jours et ses nuits dans son laboratoire à chercher désespérement le remède miracle qui pourrait sauver sa femme Izzy atteinte d'un cancer. Les vertus régénératrices d'un arbre guatémaltèque lui redonnent espoir, tandis qu'Izzy apprivoise peu à peu l'inexorable, en particulier grâce à l'écriture d'un roman "historique" ...

... Espagne, XVIème siècle : La reine Isabel, dont le royaume et la vie sont menacés par le Grand Inquisiteur, confie au Conquistador Tomas la mission de retrouver l'Arbre de Vie, mentionné dans la Genèse, et dont un missionnaire franciscain pense avoir retrouvé la trace au coeur du royaume Maya ...

XXVème siècle : Quelque part dans l'espace, un homme flotte dans une "bulle spatiale", avec pour seul compagnon un arbre à demi mort ... Sa destination : La nébuleuse Xibalba, une étoile en train de mourir, qui selon la mythologie maya, abrite le royaume des morts, et a le pouvoir de donner la vie.

          De la première à la dernière image, de la première à la dernière note (chapeau à Clint Mansell), ce film est une véritable merveille. A la fois très dur dans les thèmes abordés : la mort, la disparition de l'autre, le sentiment d'impuissance face à l'inacceptable, la solitude ... et très poétique, voire onirique, dans la réalisation et la manière d'aborder ces thèmes. Cette détresse humaine est exprimé avec beaucoup de finesse et de sensibilité, et même si j'ai pleuré pendant presque toute la durée du film, ca ne tombe jamais dans le pathos exacerbé. On sort de la salle ... étrangement serein et apaisé.

Le passage d'une histoire à une autre se fait de manière très fluide, il ne s'agit pas de trois histoires différentes, mais bien de trois manières d'appréhender une même histoire essentielle, à l'image du final magnifque qui clôt par une seule et même image les trois narrations ....

La magie de ce film réside également dans la liberté d'interprétation laissée au spectateur. Je pense en particulier à la troisième histoire ... S'agit-il de la réalité ? De l'achèvement de l'histoire de Tommy Creo, parti à la recherche de l'éternité ? Ou bien s'agit-il d'un détour dans l'inconscient du chercheur, comme j'aime à le penser ?

          Les deux acteurs principaux, filmés au plus près de leurs émotions, sont magnifiques : Rachel Weisz, tout d'abord, qui, comme dans The Constant Gardener, illumine le film de sa présence envoutante, dans ce rôle de femme condamnée, mais sereine ...

Et ensuite Hugh Jackman, vraiment bouleversant dans ce rôle d'homme tourmenté, foudroyé par la maladie de sa femme, et qui se bat envers et contre tous pour la sauver, au point d'oublier le plus important ... C'est la première fois que je le voyais dans ce genre de rôle, et je dois dire que j'ai été époustouflée par sa prestation !

 

 

          The Fountain est le genre de film que l'on porte aux nues ou que l'on déteste ... Pas de juste milieu. Vous l'aurez compris, j'appartiens à la première catégorie ^^ ... Mais les plus cartésiens se trouveront totalement perdus face à ce film qui parle avant tout au coeur humain et non à sa raison. Inutile de chercher à tout comprendre dès les premières images, savourez simplement, tout sera expliqué en temps voulu ... Regardez le film avec votre coeur, et utilisez votre cervelle après la séance, quand le film reviendra hanter vos pensées ....

 

 

Par Mimidd - Publié dans : Le cinéma montre l'invisible
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Mardi 2 janvier 2007

Très bonne et heureuse année 2007, qu'elle vous apporte bonheur, santé, amour, réussite et prospérité...;-)

L'équipe de latercomunorange

Par La terre comme une orange - Publié dans : La Vie est Belle
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Vendredi 22 décembre 2006

 Hé oui ! Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de mon acteur préféré,

 j'ai nommé RALPH FIENNES   :)

Par pitié, ne l'appelez ni "Ralfe Finesse" ni "Ralfe Finse" o_O' : il faut prononcer "Rèf Faïnse" !!!!

Donc mon cher Ralph fête aujourd'hui ses 44 ans ... Aîné d'une famille de 6 enfants (parmi les plus connus, on peut citer Joseph, lui aussi acteur, Magnus, compositeur et Martha, qui a réalisé Onegin et Chromophobia), il a grandi entre l'Angleterre et l'Irlande, encouragé sur la voie artistique par sa mère, Jini, romancière, et son père, Mark, photographe. Après des études d'arts (il voulait devenir peintre), il intègre l'Académie Royale d'Art Dramatique de Londres, puis la "Royal Shakespeare Company". Et oui, à côté de sa carrière cinématographique, Ralph Fiennes, à l'instar de grand nombre de ses compatriotes, mène également une brillante carrière sur les planches ! Les plus chanceux d'entre vous l'ont peut être déjà vu à Paris dans Julius Caesar (il interprétait Marc Antoine) ou bien à Broadway dans Hamlet ;) ... Je rêve de le voir sur scène ... Mais pour le moment, je ne peux le voir que sur grand écran, ce qui n'est déjà pas si mal :)

 

Je reprends donc ... Son premier rôle au cinéma : Heathcliff, le héros sombre et passionné de Wuthering Heights (Les Hauts de Hurlevent), adaptation du célèbre roman d'Emily Brontë (dont je vous reparlerai à coup sûr, puisque j'adore les soeurs Brontë). Virage à 180° l'année suivante, puisqu'il interprète Amon Goeth, le nazi sadique (pléonasme ;)) et torturé dans La liste de Schindler ... oui, celui qui tire sur tout ce qui bouge. C'est dans ce film que je l'ai découvert. On ne peut donc pas dire que c'est son physique qui m'ait attirée en premier chez lui (bon, c'est sûr que par la suite, ses magnifiques yeux et son sourire à tomber ont fait leur effet  XD), mais bien son talent, sa capacité à interpréter un vrai salaud sans en faire un monstre absolu ... Très troublant ...

Autre grand rôle, le comte Almasy, le fameux Patient Anglais  qui a tant fait coulé de larmes dans les chaumières (dans la mienne en tout cas).

J'avance à grand pas dans sa filmo, car je pourrais en parler des heures, j'ai vu tous ses films lol ... Son dernier film, (je devrais peut être préciser son dernier film sorti dans les salles françaises, car çà fait un bail que j'attends Land of the Blind et The White Countess), The Constant Gardener, est une pure merveille :) , qui mérite un article à lui tout seul. Affaire à suivre, donc ...

 

Pourquoi est ce que j'adore Ralph Fiennes ? Parce que, même si je délire parfois (hum) sur son sourire et ses yeux, c'est avant tout un grand acteur, au talent immense, qui arrive à nous faire partager ses émotions même sans prononcer un mot (je pense en particulier à Spider), qui peut tout jouer, avec la même intensité et surtout la même parcelle d'humanité, du psychopathe sérial killer (Dragon Rouge) au héros romantique désabusé (Onegin) en passant par le doux dingue de service (Oscar & Lucinda) ou le "pédophile platonique" (Chromophobia) ... Et puis parce c'est aussi un grand monsieur dans la "vraie vie", pas du tout attiré par les sirènes d'Hollywood, qui reste discret sur sa vie privée, qui ne se prend pas la tête, qui adore Shakespeare et la littérature russe, et qui est également ambassadeur pour l'unicef ...

"The people I consider successful are so because of how they handle their responsibilities to other people, how they approach the future, people who have a full sense of the value of their life and what they want to do with it. I call people successful not because they have money or their business is doing well but because, as human beings, they have a fully developed sense of being alive and engaged in a lifetime task of collaboration with other human beings -- their mothers and fathers, their family, their friends, their loved ones, the friends who are dying, the friends who are being born. Success.. is all about being able to extend love to people... not in a big, capital letter sense but in the everyday. Little by little, task by task, gesture by gesture, word by word."

 

Donc voilà, tout çà pour souhaiter un bon anniversaire à Ralph !   :)

 

Par Mimidd - Publié dans : Le cinéma montre l'invisible
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Mardi 12 décembre 2006

    Un téléfilm sur Sartre est diffusé actuellement à la télévision française, et je me sens frustrée de ne pouvoir le regarder. Je tenterai donc de me consoler en écrivant un article sur cet immense écrivain-philosophe; et je me concentrerai en particulier sur l'amitié qui l'a uni à Camus pendant près d'une décennie. Je retrace ci-dessous les grandes lignes d'une amitié exigeante.

 

Jean-Paul Sartre

   "Je n’essaie pas de protéger ma vie après coup par ma philosophie, ce qui est salaud, ni de conformer ma vie à ma philosophie, ce qui est pédantesque, mais vraiment, vie et philo ne font plus qu’un."

   "A moitié victime, à moitié complice, comme tout le monde."

   Sartre est issu d'une famille aisée, son père est polytechnicien, et du côté de sa mère il descend d'une longue lignée d'intellectuels et de professeurs alsaciens. Enfant solitaire et curieux, il grandit choyé par sa mère et son grand-père Schweitzer. Il va en classe au lycée Henri IV à Paris, fait hypokhâgne et khâgne au lycée Louis-le-Grand avant d'intégrer l'Ecole Normale Supérieure ("l’école prétendue normale et dite supérieure" comme la définissait Paul Nizan). Il poursuit ses études et devient agrégé de philosophie en 1929, en même temps que Simone de Beauvoir. Il se destine au professorat.

Albert Camus

    "Je tire ainsi de l'absurde trois conséquences qui sont ma révolte, ma liberté et ma passion. Par le seul jeu de la conscience, je transforme en règle de vie ce qui était invitation à la mort — et je refuse le suicide."

   "Au milieu de l'hiver, j'ai découvert en moi un invincible été."

   Le parcours de Camus, le cadet de Sartre de huit ans, est sensiblement plus ardu. Il naît dans une famille très pauvre; son père, ouvrier agricole, meurt pendant la première guerre mondiale et sa mère, femme de ménage, est analphabète et à moitié sourde. Il est élevé par une grand-mère autoritaire. Encouragé par son instituteur, il obtient une bourse pour poursuivre ses études. Sa santé se dégrade et vers 1930, il apprend qu'il souffre de la tuberculeuse. Pourtant cela ne l'empêche pas de continuer à jouer au football, à nager et à faire de brillantes études sous le soleil algérien. Il va à l'université et en sort avec une licence de philosophie. Il devient journaliste.

 

L'Estime et l'Amitié

   Ils ne se rencontreront qu'en 1943, cependant les deux hommes s'admirent déjà mutuellement à travers leurs écrits respectifs. Camus est l'un des premiers journalistes à saluer la sortie des livres de Sartre, il dit de La Nausée, paru en 1938 : "Et vivre en jugeant que cela est vain, voilà qui crée l'angoisse. A force de vivre à contre-courant, un dégoût, une révolte transporte tout l'être, et la révolte du corps, cela s'appelle la nausée." En 1939, à la sortie de Le Mur : "(…) des personnages arrivés aux confins d'eux-mêmes et trébuchant contre une absurdité qu'ils ne peuvent dépasser. C'est contre leur propre vie qu'ils butent, et, si j'ose dire, par excès de liberté." Il voit en Sartre un auteur "du talent le plus rare".

   En pleine guerre, à l'occasion de la représentation de Les Mouches, Camus se présente à Sartre. Ils ont un même goût pour le théâtre. Au cours de cette année-là, Sartre s'enthousiasme à son tour en lisant L'Etranger (1942) et considère que c'est " Un court roman de romaliste [...] très proche, au fond, d'un conte de Voltaire." Il conclut en trouvant chez Meursault une "grâce de l'absurde". En parlant de l'exécution de Meursault : "(...) son absurdité ne nous paraît pas conquise mais donnée : il est comme ça, voilà tout. Il aura son illumination à la dernière page, mais il vivait depuis toujours selon les normes de M. Camus. S'il y avait une grâce de l'absurde, il faudrait dire qu'il a la grâce."

   En 1945, dans une interview pour le magazine américain Vogue, Sartre annonce l'importance du jeune auteur : "... Il est probable que dans l'œuvre sombre et pure de Camus se puissent discerner les principaux traits des lettres françaises de l'avenir. Elle nous offre la promesse d'une littérature classique, sans illusions, mais pleine de confiance en la grandeur de l'humanité; dure, mais sans violence inutile, passionnée mais retenue... une littérature qui s'efforce de peindre la condition métaphysique de l'homme tout en participant pleinement aux mouvements de la société."

   Camus, très engagé dans la résistance, fait entrer Sartre au journal Combat. Après la Libération, ils continuent leur collaboration et Sartre écrit, à la demande de Camus, des articles sur l'Amérique. Tous deux entendent donner à leurs oeuvres une nouvelle dimension en participant aux combats de leur temps. Sartre nomme Camus co-directeur de sa nouvelle revue Les Temps Modernes fondée en 1945.

 

 Les Divergences

   En Août 1945, le monde est bouleversé d'apprendre la fin de la guerre et les dramatiques conséquences de la bombe d'Hiroshima. Camus réagit dans Combat en s'inquiétant de l'utilisation d'une telle invention, tandis que Sartre, dans les colonnes du premier numéro de Les Temps Modernes, y cherche une signification métaphysique.

   Pendant la période de l'après-guerre, le mouvement de pensée mené par Sartre se fait connaître. L'existentialisme, c'est une formule : "L'existence précède l'essence". C'est aussi un lieu : Saint-Germain-des-prés; le café de Flore en particulier. Et des visages : ceux de Sartre et de Simone de Beauvoir. Le grand public rattache également au mouvement Merleau-Ponty et Camus. Pourtant ce dernier s'en défend : "Sartre et moi nous nous étonnons toujours de voir nos deux noms associés. Nous pensons même publier un jour une petite annonce où les soussignés avoir rien en commun et se refuseront à répondre des dettes qu'ils pourraient contracter respectivement. Car enfin, c'est une plaisanterie. (...) Sartre est existentialiste, et le seul livre d'idées que j'ai publié: Le Mythe de Sisyphe, était dirigé contre les philosophes existentialistes."

   Camus refuse l'étiquette d'"existentialiste", il refuse surtout d'être considéré comme un philosophe et répète à qui veut l'entendre : "Je suis un artiste et non un philosophe." En effet, son écriture, symbolique et sensible, est bien loin de la logique et de la rigueur philosophique de celle de Sartre.

   Sartre et Camus continuent à se fréquenter et partagent un petit cercle d'amis intimes. Beauvoir retranscrira cette époque dans son roman Les Mandarins.

   Pourtant, Camus se sent rejeté par ce milieu du fait de ses origines. Il ne cache pas non plus un désaccord profond, qui ne cessera de les séparer, lorsqu'il remarque dans son article sur La Nausée de 1938 : "Car l'erreur d'une certaine littérature, c'est de croire que la vie est tragique parce qu'elle est misérable. Elle peut être bouleversante et magnifique, voilà toute sa tragédie. Sans la beauté, l'amour ou le danger, il serait presque facile de vivre. Et le héros de M. Sartre n'a peut-être pas fourni le vrai sens de son angoisse lorsqu'il insiste sur ce qui lui répugne dans l'homme, au lieu de se fonder sur certaines de ses grandeurs des raisons d'espérer. Constater l'absurdité de la vie ne peut être une fin, mais seulement un commencement."

La "Brouille"

   Sartre, pour qui le marxisme comme philosophie est "une vérité indépassable", cherche une solution entre le capitalisme et le stalinisme. Il adhère au nouveau parti politique de David Rousset, le RDR (Rassemblement Démocratique Révolutionnaire), qui échoue, et se tourne alors vers le communisme. Pour lui, l'engagement en faveur de la révolution prend le pas sur les crimes staliniens. Camus le désapprouve.

   Leur amitié se rompt de façon brutale et définitive lors de la sortie de L'Homme révolté de Camus en 1952. Dans ce livre, Camus déclare : "Je me révolte, donc nous sommes" et "Le seul problème moral vraiment sérieux, c'est le meurtre". Il pose la question de la révolte de l'homme qui trouve son aboutissement dans des Etats policiers et concentrationnaires pour mieux dénoncer les camps mis en place par Staline. C'est un article de Francis Jeanson, collaborateur de Sartre pour la revue Les Temps Modernes, qui va tout déclencher. Jeanson fait une critique acerbe du livre de Camus, il lui reproche sa révolte métaphysique, "délibérément statique", qui le place au dessus des "urgences de l'histoire". Il l'accuse d'être réactionnaire et de jouer le jeu de la droite. Camus, blessé, ignore Jeanson et répond directement à Sartre : "(..) je commence à être un peu fatigué de me voir, et de voir surtout de vieux militants qui n'ont jamais rien refusé des luttes de leur temps, recevoir sans trêves leurs leçons d'efficacité de la part de censeurs qui n'ont jamais placé que leur fauteuil dans le sens de l'histoire (..)". Il défie Sartre de pouvoir justifier l'existence des camps.

   Sartre lui répond par une lettre virulente, pleine de mépris, qui mettra fin à leur amitié : "Un mélange de suffisance sombre et de vulnérabilité m'a toujours découragé de vous dire des vérités entières … Il se peut que vous ayez été pauvre, mais vous ne l'êtes plus. Vous êtes un bourgeois comme Jeanson et comme moi … Votre morale s'est d'abord changée en moralisme, aujourd'hui elle n'est plus que littérature, demain elle sera peut-être immoralité.". Et encore : "Mais dites-moi, Camus, par quel mystère ne peut-on discuter vos oeuvres (..) ? Mon Dieu, Camus, comme vous êtes sérieux, et, pour employer un de vos mots, comme vous êtes frivole ! Et si votre livre témoignait simplement de votre incompétence philosophique ? S'il était fait de connaissances ramassées à la hâte de seconde main ? .. Avez-vous si peur de la contestation ? Je n'ose vous conseiller de vous reporter à la lecture de L’Etre et le Néant, la lecture vous en paraîtrait inutilement ardue. Vous détestez les difficultés de pensée". Au sujet des camps, il écrit : "Oui, Camus, je trouve comme vous que ces camps sont inadmissibles : mais inadmissible tout autant l'usage que la "presse bourgeoise en fait chaque jour. (..) Pourquoi faut-il que vous vous fassiez protéger par tout un univers de valeurs intangibles au lieu de combattre contre nous - ou avec nous... (..)".

   Dans sa dernière lettre à Camus, Sartre lui confie : "Notre amitié n'était pas facile, mais je la regretterai. Si vous la rompez aujourd'hui, c'est sans doute qu'elle devait se rompre. Beaucoup de choses nous rapprochaient, peu nous séparaient. Mais ce peu était encore trop : l'amitié, elle aussi, tend à devenir totalitaire : il faut l'accord en tout ou la brouille." Il montre ensuite qu'il a conscience qu'ils sont à un tournant : "…c’est la fin d’une relation personnelle et celle d’une période historique."

   Dans La Chute (1956), Camus explique les raisons de sa rupture avec l'existentialisme de Sartre.

   Sartre rompra lui aussi avec le Parti communiste après l'insurrection de Budapest en 1956. Son nouveau combat est pour l'indépendance de l'Algérie et il soutient le FLN. Camus, quant à lui, est plus discret sur cette nouvelle guerre. Etant pied-noir, il espère un compromis qui accordera des droits égaux à toutes les populations d'Algérie et appelle à "la trêve civile". En 1957, Camus reçoit le prix Nobel de littérature, distinction que Sartre refusera sept ans plus tard. Camus disparaît peu après, en 1960, dans un accident de voiture.

 

Après la mort de Camus

   Quelques jours après la mort de Camus, Sartre lui rend hommage dans un petit texte :

   "Il avait choisi le silence. Mais il était de ces hommes rares, qu'on peut bien attendre parce qu'ils choisissent lentement et restent fidèles à leur choix."
"Il représentait en ce siècle, et contre l'Histoire, l'héritier actuel de cette longue lignée de moralistes dont les oeuvres constitutent peut-être ce qu'il y a de plus original dans les lettres françaises. Son humanisme têtu, étroit et pur, austère et sensuel, livrait un combat douteux contre les évènements massifs et difformes de ce temps. Mais, inversement, par l'opiniâtreté de ses refus, il réaffirmait, au coeur de notre époque, contre les machiavéliens, contre le veau d'or du réalisme, l'existence du fait moral."

   "Nous étions brouillés, lui et moi : une brouille n'est rien, tout juste une autre manière de vivre ensemble et sans se perdre de vue dans le monde étroit qui nous est donné. Cela ne m'empêchait pas de penser à lui, de sentir son regard sur la page du livre, sur le journal qu'il lisait et de me dire : Qu'en dit-il ? Qu'en dit-il en ce moment ?".     

 

 

 

 
Par Mimy - Publié dans : La littérature est l'essentiel, ou n'est rien
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Samedi 9 décembre 2006

C'est donc moi qui vais ouvrir la section Arts ... Je ne suis pas du tout une spécialiste, mais je vais parler ici d'un véritable coup de coeur artistique : j'ai nommé le sculpteur Constantin Brancusi ...

 

Constantin Brancusi (1876-1957) a grandi en Roumanie, au pied des Carpates méridionales. Dès son adolescence, il parcourt le pays et vit quelques temps de petits boulots. Il est accepté à l'Ecole des Beaux Arts de Bucarest, mais il n'aspire qu'à une seule chose : étudier l'art à Paris. Pour ce faire, il quitte la Roumanie à pied, et atteint la capitale quelques mois plus tard, le 14 juillet 1904. Il est rapidement accepté à l'Ecole des Beaux Arts, et Auguste Rodin lui propose une place dans son atelier. Malgré toute l'admiration qu'il porte au Maître, Brancusi refuse, conscient que "rien ne pousse à l'ombre des grands arbres".

 

 

Sa première grande oeuvre date de 1907 : La prière est une oeuvre de commande, un monument funéraire en bronze, destiné à la tombe d'un notable roumain, dont la veuve a eu vent du succès parisien de son compatriote. Aujourd'hui au Musée des Beaux Arts de Bucarest, La prière représente une femme nue qui pleure, agenouillée, le buste légèrement penché en avant. Cette oeuvre se distingue par sa simplicité et sa sobriété, caractéristiques de Brancusi. Les traits sont à peine marqués, et malgré cette absence de détails, l'oeuvre frappe par son expressivité.

 

 

 

L'année suivante, Constantin Brancusi réalise sa première taille directe dans la pierre. Il s'agit de La Sagesse de la Terre.

 

"C'est en taillant la pierre que l'on découvre l'esprit de la matière, sa propre mesure. La main pense et suit la pensée de la matière."

 

Avec cette jeune fille nue, les bras croisés sur sa poitrine, Brancusi retourne aux sources : celles des arts africains, océaniens, asiatiques ... celles de la matière ... celles du geste ... il en va de même pour le spectateur hypnotisé par cette oeuvre puissante, profonde, tellurique ... on pourrait même dire "originelle", au sens où elle semble nous ramener à l'essentiel. 

 

On retrouve les mêmes influences et la même force d'expression dans Le Baiser, figure que Brancusi représentera à maintes reprises (ainsi que d'autres thèmes). Deux figures humaines à peine ébauchées, enlacées, qui se fondent en un seul bloc, en une seule matière, en un seul baiser ... Cette oeuvre est souvent mise en parallèle avec la légende indo-européenne des arbres enlacés, plantés sur la tombe des êtres aimés, symbole d'un amour plus fort que la mort ...

 

 

Mademoiselle Pogany I : Brancusi rencontre cette jeune peintre hongroise à Montparnasse, en 1910. La jeune fille pose pour lui pendant deux mois, mais ce n'est qu'après son départ définitif pour la Hongrie que Brancusi parvient à sculpter son buste, de mémoire ... Les détails n'ont pas d'importance pour le sculpteur :

 

« Il me suffit de vous regarder vivre pour m'en souvenir. Baissez vos paupières, laissez-les se reposer sur vos yeux fermés. C'est assez pour m'inspirer ».

 

En effet, le buste de la jeune Margit, avec ses grands yeux en amande, sa tête ovoïde - forme privilégiée de Brancusi - ce mouvement unique qui relie tous les traits du visage, n'est en aucun cas une représentation "physique" de la jeune fille, mais une "approche de sa sensibilité" ... 

 

 

"Ce n'est pas les oiseaux que je sculpte, mais leur vol"

 

Cet Oiseau dans l'espace, figure élancée aux contours insaisissables, matérialise la recherche de la forme pure chez Brancusi, cette forme qui n'est en fait qu'un souffle, sans cesse métamorphosé par l'air et la lumière qui enveloppent l'oeuvre ... Car pour Constantin Brancusi, une oeuvre ne se pense pas individuellement et statiquement, elle est tout autant faite de matière, d'environnement et de mouvement. Son atelier apparaît comme "le lieu d'une création ininterrompue", le sculpteur déplaçant continuellement ses oeuvres, réorganisant l'espace inlassablement au gré du départ de ses sculptures, et photographiant chaque nouvelle métamorphose de l'espace ...

 

 

Pour finir, si vous passez un jour en Roumanie, ne manquez pas l'ensemble architectural de Tirgu Jiu, dans la région natale de Brancusi. Réalisé en 1937 à la demande des femmes roumaines du pays de Gorj, cet ensemble est dédié à la mémoire des soldats morts pendant la Première Guerre mondiale. Le mémorial comporte trois éléments principaux :  La Colonne sans fin, haute de 30 m, La Table du Silence qui appelle à la méditation et rappelle les tables rondes traditionnelles des campagnes roumaines, lieux de rassemblement familial, et  enfin La Porte du Baiser, qui évoque la fête à travers les figures du baiser et de la danse ... 

 

 

 

 

 

 

 

Voilà, c'était un petit aperçu de l'immense talent de Constantin Brancusi, "l'inventeur de la sculpture moderne"  : ) ...

Par Mimidd - Publié dans : L'art est un jeu d'enfant
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Mardi 5 décembre 2006

Je voudrais dédier ces paroles de Jacques Brel à celui qui me rend tous les jours heureuse. Depuis le moment où je l'ai rencontré, je vis uniquement pour son bonheur.. Il est la raison qui me fait croire au véritable "amour", grâce à lui,  je sais ce que signifie "aimer", ce mot si précieux et sacré, qui renferme tellement de choses merveilleuses et de moments divins...Je crois que s'il existe un paradis (parce qu'a priori je n'y crois pas), c'est l'amour qui en est idéalement le plus bel exemple...Pardon à tous celles et ceux qui sont célibataires, mais c'est un cri du coeur, que je ne pouvais contenir plus longuement...

Pour la rosée qui tremble au calice des fleurs
De n'être pas aimée et ressemble à ton cœur
Je t'aime
Pour le noir de la pluie au clavecin de l'étang
Jouant page de lune et ressemble à ton chant
Je t'aime
Pour l'aube qui balance sur le fil d'horizon
Lumineuse et fragile et ressemble à ton front
Je t'aime

À l'aurore légère qu'un oiseau fait frémir
En la battant de l'aile et ressemble à ton rire
Je t'aime
Pour le jour qui se lève et dentelles de bois
Au point de la lumière et ressemble à ta joie
Je t'aime
Pour le jour qui revient d'une nuit sans amour
Et ressemble déjà, ressemble à ton retour
Je t'aime
Pour la porte qui s'ouvre pour le cri qui jaillit
Ensemble de deux cœurs et ressemble à ce cri
Je t'aime... Je t'aime Je t'aime

 

...Dimitri

Par Lilou - Publié dans : La Vie est Belle
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Lundi 4 décembre 2006

J'ai commencé ma matinée studieuse vers 8h15 avec un cours d'allemand et je l'ai terminée vers 13h15 avec un cours de version. En cours d'allemand, je suis avec des étudiants étrangers uniquement. En cours de version en revanche, je suis entourée d'Allemands.

Pendant le cours d'allemand, nous avons parlé de la volonté des femmes et de leurs difficultés à se partager entre la vie de famille et le travail. Dans les textes que nous avons lus, des femmes conseillaient aux jeunes filles de se consacrer à leur métier jusqu'à trente, trente-cinq ans, et après si elles ont trouvé un toit, un compagnon et un boulot stable, de se poser cette grande question : vie avec ou sans enfants ? C'est vrai que c'est un sujet épineux, parce que la société n'a pas mis en place assez de structures d'aide afin de soulager les femmes sur ces deux plans. Heureusement, les hommes ont pris conscience que l'éducation des enfants et les tâches ménagères ne sont pas réservées au monde féminin. Les garçons de notre génération le comprennent mieux que leurs pères. Cependant, ce n'est pas encore assez. Les femmes continuent à faire ce qu'on appelle des "doubles journées". C'est la raison pour laquelle les Allemandes font de plus en plus le choix d'une vie professionnelle et sociale épanouissante au détriment d'une vie de famille nombreuse (ou d'une vie de famille tout court). Aurore, Claire et moi avons déjà eu une conversation là-dessus, notre indépendance à tous les niveaux est notre ambition à l'issue de nos études, être une femme au foyer est devenue une chose impossible car cela signifierait, pour reprendre une expression de Simone de Beauvoir, "s'enfermer dans les limites d'un autre". La vie de femme au foyer nous fait à la fois peur et horreur. J'ai essayé d'amener ce sujet dans mes discussions avec mes copines Allemandes et à ma grande stupéfaction, elles n'ont pas réagi plus que ça, soit avoir des enfants et tout le tralala leur semble appartenir à un avenir très très lointain, soit elles s'en sont complètement désintéressées..

Ensuite, dans le cours de version, je m'aperçois qu'il y a un crucifix sur le mur en face de moi, et je ne peux plus en détacher mes yeux. Je me tourne vers ma copine Allemande Eva, choquée : "Tu as vu le crucifix au mur ?". Elle me sourit : "Ben oui.

- Mais notre université est très religieuse ?

- Oui..."

Je rétorque : "En France, ça ne serait pas permis, l'école doit être laique..

- Oui, je sais que le principe de laicité est primordial en France..

- Comment dit-on laicité en allemand ?

- Ca ne se dit pas.

- Pardon ?

- Oui, c'est un mot qui n'existe pas. On peut dire laicitaet je crois mais ça reste un mot étranger et ça ne se dit pas trop..".

Je me rappelle notre étonnement en arrivant à Augsburg de voir des églises partout. Je me rappelle aussi la phrase de Mathilde en voyant que chacun des lits des résidences d'Uni Viertel (les résidences affiliées à la fac) est surmonté d'un crucifix : "Mon Dieu ça me déprime de voir ça..". Et Hélène m'a raconté qu'elle est partie d'une résidence d'Uni Viertel car "l'ambiance y était bizarre, un prêtre est même venu me rendre visite dans ma chambre..". Pour des Français, cela semble anormal que l'Eglise et l'université soient liées à ce point.

On dit souvent que voyager permet d'ouvrir les yeux sur les spécificités de son pays; je me rends compte que je suis très heureuse d'avoir grandi et de vivre dans un pays laique..

Par Mimy - Publié dans : Erasmus en Allemagne
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Lundi 4 décembre 2006

Témoignage dont j'ai pris connaissance et que je retranscris ici sur une scène qui a réellement eu lieu dans un vol de la compagnie British Airways entre Johannesburg et Londres : 
 

"Une femme blanche, d'une cinquantaine d'années, s'assied à côté d'un homme noir. Mais visiblement perturbée, elle appelle l'hôtesse de l'air qui lui demande : "Quel est votre problème, Madame ?
- Mais vous ne le voyez donc pas ? Vous m'avez placée à côté d'un Noir ! Je ne supporte pas de rester à côté d'un de ces êtres dégoûtants. Donnez-moi un autre siège, s'il vous plaît !!" 
- Calmez-vous, presque toutes les places de ce vol sont prises. Je vais voir s'il y a une place disponible.."

Puis, avant que la dame ne puisse faire le moindre commentaire, l'hôtesse de l'air continue : "Il est tout à fait inhabituel pour notre compagnie de permettre à une personne en classe économique de s'asseoir en première classe. Cependant, vue les circonstances, le commandant trouve en effet "qu'il serait scandaleux d'obliger quelqu'un à s'asseoir à côté d'une personne aussi répugnante"".

L' hôtesse se tourne alors vers l'homme noir et lui dit : "Donc, Monsieur, si vous le souhaitez, prenez votre bagage à main car un siège vous attend en première classe".

Et tous les passagers autour qui, choqués, avaient assisté à la scène, se levèrent pour applaudir".

Par Mimy - Publié dans : La Vie est Belle
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