Mimidd (Emilie), 22 ans.
Etudiante en Histoire à Lyon.
Passions : Histoire ^^, cinéma, musique (en particulier les artistes de la nouvelle scène française), littérature (surtout les classiques français et anglais).
Lilou (Hélène), 20 ans.
Etudiante en Infocom et en Science Politique à Lyon.
Passions : musique (Paul McCartney, Beatles, rock 60's/70's), journalisme.
Signe particulier : sort avec un mec né en Allemagne avec un nom portugais, un prénom russe et qui vit en France !
Mimy, 21 ans.
Etudiante en Lettres à Lyon.
Passions : les pandas, Rimbaud, les voyages, la littérature, le cinéma et les chansons à textes : ))
C'est donc moi qui vais ouvrir la section Arts ... Je ne suis pas du tout une spécialiste, mais je vais parler ici d'un véritable coup de coeur artistique : j'ai nommé le sculpteur Constantin Brancusi ...
Constantin Brancusi (1876-1957) a grandi en Roumanie, au pied des Carpates méridionales. Dès son adolescence, il parcourt le pays et vit quelques temps de petits boulots. Il est accepté à l'Ecole des Beaux Arts de Bucarest, mais il n'aspire qu'à une seule chose : étudier l'art à Paris. Pour ce faire, il quitte la Roumanie à pied, et atteint la capitale quelques mois plus tard, le 14 juillet 1904. Il est rapidement accepté à l'Ecole des Beaux Arts, et Auguste Rodin lui propose une place dans son atelier. Malgré toute l'admiration qu'il porte au Maître, Brancusi refuse, conscient que "rien ne pousse à l'ombre des grands arbres".
Sa première grande oeuvre date de 1907 : La prière est une oeuvre de commande, un monument funéraire en bronze, destiné à la tombe d'un notable roumain, dont la veuve a eu vent du succès parisien de son compatriote. Aujourd'hui au Musée des Beaux Arts de Bucarest, La prière représente une femme nue qui pleure, agenouillée, le buste légèrement penché en avant. Cette oeuvre se distingue par sa simplicité et sa sobriété, caractéristiques de Brancusi. Les traits sont à peine marqués, et malgré cette absence de détails, l'oeuvre frappe par son expressivité.
L'année suivante, Constantin Brancusi réalise sa première taille directe dans la pierre. Il s'agit de La Sagesse de la Terre. "C'est en taillant la pierre que l'on découvre l'esprit de la matière, sa propre mesure. La main pense et suit la pensée de la matière." Avec cette jeune fille nue, les bras croisés sur sa poitrine, Brancusi retourne aux sources : celles des arts africains, océaniens, asiatiques ... celles de la matière ... celles du geste ... il en va de même pour le spectateur hypnotisé par cette oeuvre puissante, profonde, tellurique ... on pourrait même dire "originelle", au sens où elle semble nous ramener à l'essentiel.
On retrouve les mêmes influences et la même force d'expression dans Le Baiser, figure que Brancusi représentera à maintes reprises (ainsi que d'autres thèmes). Deux figures humaines à peine ébauchées, enlacées, qui se fondent en un seul bloc, en une seule matière, en un seul baiser ... Cette oeuvre est souvent mise en parallèle avec la légende indo-européenne des arbres enlacés, plantés sur la tombe des êtres aimés, symbole d'un amour plus fort que la mort ...
Mademoiselle Pogany I : Brancusi rencontre cette jeune peintre hongroise à Montparnasse, en 1910. La jeune fille pose pour lui pendant deux mois, mais ce n'est qu'après son départ définitif pour la Hongrie que Brancusi parvient à sculpter son buste, de mémoire ... Les détails n'ont pas d'importance pour le sculpteur : « Il me suffit de vous regarder vivre pour m'en souvenir. Baissez vos paupières, laissez-les se reposer sur vos yeux fermés. C'est assez pour m'inspirer ». En effet, le buste de la jeune Margit, avec ses grands yeux en amande, sa tête ovoïde - forme privilégiée de Brancusi - ce mouvement unique qui relie tous les traits du visage, n'est en aucun cas une représentation "physique" de la jeune fille, mais une "approche de sa sensibilité" ...
"Ce n'est pas les oiseaux que je sculpte, mais leur vol" Cet Oiseau dans l'espace, figure élancée aux contours insaisissables, matérialise la recherche de la forme pure chez Brancusi, cette forme qui n'est en fait qu'un souffle, sans cesse métamorphosé par l'air et la lumière qui enveloppent l'oeuvre ... Car pour Constantin Brancusi, une oeuvre ne se pense pas individuellement et statiquement, elle est tout autant faite de matière, d'environnement et de mouvement. Son atelier apparaît comme "le lieu d'une création ininterrompue", le sculpteur déplaçant continuellement ses oeuvres, réorganisant l'espace inlassablement au gré du départ de ses sculptures, et photographiant chaque nouvelle métamorphose de l'espace ... Pour finir, si vous passez un jour en Roumanie, ne manquez pas l'ensemble architectural de Tirgu Jiu, dans la région natale de Brancusi. Réalisé en 1937 à la demande des femmes roumaines du pays de Gorj, cet ensemble est dédié à la mémoire des soldats morts pendant la Première Guerre mondiale. Le mémorial comporte trois éléments principaux : La Colonne sans fin, haute de 30 m, La Table du Silence qui appelle à la méditation et rappelle les tables rondes traditionnelles des campagnes roumaines, lieux de rassemblement familial, et enfin La Porte du Baiser, qui évoque la fête à travers les figures du baiser et de la danse ...
Voilà, c'était un petit aperçu de l'immense talent de Constantin Brancusi, "l'inventeur de la sculpture moderne" : ) ...
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