Texte libre

C'est trop facile d'entrer aux églises
De déverser toute sa saleté
Face au curé qui dans la lumière grise
Ferme les yeux pour mieux nous pardonner

Tais-toi donc, grand Jacques
Que connais-tu du Bon Dieu
Un cantique, une image
Tu n'en connais rien de mieux

C'est trop facile quand les guerres sont finies
D'aller gueuler que c'était la dernière
Ami bourgeois vous me faites envie
Vous ne voyez donc point vos cimetières?

Tais-toi donc grand Jacques
Laisse-les donc crier
Laisse-les pleurer de joie
Toi qui ne fus même pas soldat

C'est trop facile quand un amour se meurt
Qu'il craque en deux parce qu'on l'a trop plié
D'aller pleurer comme les hommes pleurent
Comme si l'amour durait l'éternité

Tais-toi donc grand Jacques
Que connais-tu de l'amour
Des yeux bleus, des cheveux fous
Tu n'en connais rien du tout

Et dis-toi donc grand Jacques
Dis-le-toi bien souvent
C'est trop facile,
C'est trop facile,
De faire semblant.

Images aléatoires

Présentation

Qui sommes nous ?

 

Mimidd (Emilie), 22 ans.

Etudiante en Histoire à Lyon.

Passions : Histoire ^^, cinéma, musique (en particulier les artistes de la nouvelle scène française), littérature (surtout les classiques français et anglais).

 

Lilou (Hélène), 20 ans.

Etudiante en Infocom et en Science Politique à Lyon.

Passions : musique (Paul McCartney, Beatles, rock 60's/70's), journalisme.

Signe particulier : sort avec un mec né en Allemagne avec un nom portugais, un prénom russe et qui vit en France !

 

Mimy, 21 ans.

Etudiante en Lettres à Lyon.

Passions : les pandas, Rimbaud, les voyages, la littérature, le cinéma et les chansons à textes : ))

Vendredi 5 octobre 2007

Sixième album des Beatles, celui-ci ainsi que l'album Revolver (considérés comme les Tomes 1 et 2 par un certain George Harrison dans le sens où le second peut être vu comme le parachèvement du premier) marquent non seulement un tournant dans leur discographie, mais aussi, résolument dans la musique du vingtième siècle. Outre d'être le premier album intégralement composé par les quatre liverpuldiens (ses prédécesseurs comprenant entre autres des reprises de classiques du rock'n'roll tels que Rock'n'roll Music de Chuck Berry ou encore Long Tall Sally de Little Richard), il se situe à l'origine du virage artistique que vont prendre les Fab Four pour le reste de leur carrière.

Le voyage musical débute donc par un titre d'album déjà significatif d'un certain surréalisme que nos quatre "garçons dans le vent" vont continuer à cultiver au fil de leurs futurs albums... Rubber Soul, à l'instar du titre A Hard Day's Night, ou de Eight Days A Week, est construit sur un jeu de mots. En effet, Rubber Soul ("âme en caoutchouc" en anglais), fait référence à la musique soul ainsi qu'à "Rubber Sole" ("semelle en caoutchouc"). 

 

L'album s'ouvre par la chanson Drive My Car, un rock entêtant aux paroles humoristiques de second degré, comme dans Norwegian Wood (This Bird Has Flown), qui est une des premières chansons à inclure un nouvel instrument dans le trio guitares/guitare basse/batterie : il s'agit de la cithare jouée par George Harrison, que ce dernier a découvert sur le tournage du film Help!, donnant ainsi à cette composition une sonorité indienne, joliment inattendue car en paradoxe avec un titre à référence plutôt nordique. Poursuivant les explorations musicales, John Lennon s'invite le temps d'une chanson en U.R.S.S. avec Girl, introduit des influences venues d'outre-atlantique, tout d'abord dans Norwegian Wood rappelant la musique folk de Bob Dylan ou des Byrds, et dans Nowhere Man où les choeurs, très difficiles à reproduire sur scène, évoquent clairement ceux des "Gars de la Plage ". 

 

Quant au texte des chansons, celui-ci change radicalement de point de vue, devient plus grave, ce n'est plus " je veux te prendre la main " ou "elle t'aime, ouais, ouais, ouais", mais l'heure est plutôt aux problèmes relationnels de couples, comme dans You Won't See Me, I'm Looking Through You, aux désillusions de Girl ou à la nostalgie poignante de In My Life. Tandis que Paul McCartney s'essaie au français tout en charme et suavité dans Michelle, John Lennon exprime un certain malaise dissimulé sous les paroles de Nowhere Man, sans doute dû au fait que lui et ses trois partenaires musicaux étaient dépassés par le succès devenu trop oppressant. 

C'est également à partir de cet album que le style et le talent de George Harrison se dévoile; même s'il ne peut pas encore rivaliser avec les géants qu'étaient Paul McCartney et John Lennon (il y parviendra royalement plus tard, avec les deux magnifiques chansons, While My Guitar Gently Weeps et Something), il a le mérite de nous offrir Think For Yourself ainsi que If I Needed Someone, deux chansons très bien élaborées et relativement complexes à chanter au niveau des harmonies. 

  

Rubber Soul n'en est donc qu'aux balbutiements de la révolution musicale que vont mener les Beatles jusqu'à la fin des sixties avec le psychédélisme et l'avant-gardisme, mais on sent dès lors dans cette oeuvre, une maturité, tant musicale que psychologique, et une sérénité qui n'apparaissaient évidemment pas dans les chansons écrites auparavant, plutôt légères, insouciantes, et emblématiques de la Beatlemania.
Rubber Soul , The Beatles, 3 Dec 1965, Parlophone.

 

 

 

 

Par Lilou - Publié dans : La musique est la langue des émotions
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