Texte libre

C'est trop facile d'entrer aux églises
De déverser toute sa saleté
Face au curé qui dans la lumière grise
Ferme les yeux pour mieux nous pardonner

Tais-toi donc, grand Jacques
Que connais-tu du Bon Dieu
Un cantique, une image
Tu n'en connais rien de mieux

C'est trop facile quand les guerres sont finies
D'aller gueuler que c'était la dernière
Ami bourgeois vous me faites envie
Vous ne voyez donc point vos cimetières?

Tais-toi donc grand Jacques
Laisse-les donc crier
Laisse-les pleurer de joie
Toi qui ne fus même pas soldat

C'est trop facile quand un amour se meurt
Qu'il craque en deux parce qu'on l'a trop plié
D'aller pleurer comme les hommes pleurent
Comme si l'amour durait l'éternité

Tais-toi donc grand Jacques
Que connais-tu de l'amour
Des yeux bleus, des cheveux fous
Tu n'en connais rien du tout

Et dis-toi donc grand Jacques
Dis-le-toi bien souvent
C'est trop facile,
C'est trop facile,
De faire semblant.

Images aléatoires

Présentation

Qui sommes nous ?

 

Mimidd (Emilie), 22 ans.

Etudiante en Histoire à Lyon.

Passions : Histoire ^^, cinéma, musique (en particulier les artistes de la nouvelle scène française), littérature (surtout les classiques français et anglais).

 

Lilou (Hélène), 20 ans.

Etudiante en Infocom et en Science Politique à Lyon.

Passions : musique (Paul McCartney, Beatles, rock 60's/70's), journalisme.

Signe particulier : sort avec un mec né en Allemagne avec un nom portugais, un prénom russe et qui vit en France !

 

Mimy, 21 ans.

Etudiante en Lettres à Lyon.

Passions : les pandas, Rimbaud, les voyages, la littérature, le cinéma et les chansons à textes : ))

Jeudi 11 octobre 2007
De Florent Emilio Siri

Avec Albert Dupontel, Benoît Magimel ...

(Sortie en salles le 3 octobre)



          Algérie, 1959 : Le lieutenant Terrien (Benoît Magimel) rejoint son unité d'affectation dans les montagnes de Kabylie. Le jeune idéaliste se heurte de plein fouet à la réalité d'une guerre qui n'en est pas une officiellement, et qui laisse chez les hommes des traces indélébiles, à l'image du sergent Dougnac (Albert Dupontel) ... Révolté par les pratiques de ses compatriotes, Terrien voit peu à peu ses convictions morales s'effriter face à la montée de la violence dans les deux camps. 


 



          J'ai voulu voir ce film à double titre. Tout d'abord parce que je ne connais pas grand chose à la guerre d'Algérie o_O', le cinéma est un moyen comme un autre de se cultiver, et j'aime bien les films sur la guerre. Et puis surtout parce que la démarche de Florent Emilio Risi intéressait fortement l'étudiante en histoire que je suis. Parce que la Guerre d'Algérie est encore un sujet tabou dans l'opinion publique (contrairement à ce que l'on peut voir dans le milieu de la recherche en Histoire)... parce que ceux qui en parlent sont souvent ceux qui l'ont vécue, et de ce fait, ils en parlent mal ... mal dans une optique historienne ; ) ... Ils ne parlent pas de la Guerre d'Algérie, mais de leur Guerre d'Algérie, ou plus précisément, de ce qu'ils ont vécu pendant la guerre d'Algérie.

Que l'on ne se méprenne pas sur le sens de mes paroles. En tant qu'être humain, je suis horrifiée par ce qui s'est passé en Algérie, et je compatis de tout coeur pour tous ces êtres humains, quel que soit leur "camp", dont l'existence a été marquée au fer rouge (quand elle n'a pas été achevée) au cours de ces tragiques événements. Je peux comprendre leurs passions, leurs silences, leurs ressentiments. Mais en tant qu'étudiante en histoire, je tiens garder la plus grande objectivité possible. Parce que c'est la seule manière de comprendre.

Outre ses qualités cinématographiques, le film de F.E. Siri a le mérite de mettre tout manichéisme de côté, pour exposer simplement les faits de manière dépassionnée. Tout ou presque est exact sur le plan historique, et aucun jugement n'est porté, si ce n'est sur l'absurdité de la guerre ...
 
 
 
          Mais il ne s'agit pas d'un simple documentaire sur la guerre d'Algérie. Le film expose des faits, mais aussi et surtout l'état d'esprit et les états d'âme des protagonistes. La spirale de la violence. La lente et inexorable déshumanisation des hommes. Les déchirures fratricides. Le souvenir lancinant des autres guerres (la 2eme GM et la Guerre d'Indochine), teinté de douleur et/ou de fierté.
L'ennemi intime a des airs de western, car la guerre qui y est racontée n'est pas celle qui est menée contre les autres, mais bien celle que l'homme mène contre lui même. La lente descente aux enfers de Terrien trouve un écho dans la présence de plus en plus étouffante de ces paysages minéraux desertiques, témoins impassibles et muets de la folie humaine. Le tout enveloppé dans la musique tout à tour minimaliste, intimiste et lyrique d'Alexandre Desplat.
Alors bien sûr, tout n'est pas parfait, je n'ai pas trop aimé certains effets de caméra dans la première partie du film, certains dialogues m'ont parus surjoués, mais la deuxième partie du film, excellente, fait oublier tous ces petits défauts ...
L'ennemi intime fait partie de ces films qui hantent, longtemps après la séance. De ces films qu'il faut avoir vu au moins une fois, même si certaines images sont insoutenables. Mais justement.
 
 
 

 

Par mimidd - Publié dans : Le cinéma montre l'invisible
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