Texte libre

C'est trop facile d'entrer aux églises
De déverser toute sa saleté
Face au curé qui dans la lumière grise
Ferme les yeux pour mieux nous pardonner

Tais-toi donc, grand Jacques
Que connais-tu du Bon Dieu
Un cantique, une image
Tu n'en connais rien de mieux

C'est trop facile quand les guerres sont finies
D'aller gueuler que c'était la dernière
Ami bourgeois vous me faites envie
Vous ne voyez donc point vos cimetières?

Tais-toi donc grand Jacques
Laisse-les donc crier
Laisse-les pleurer de joie
Toi qui ne fus même pas soldat

C'est trop facile quand un amour se meurt
Qu'il craque en deux parce qu'on l'a trop plié
D'aller pleurer comme les hommes pleurent
Comme si l'amour durait l'éternité

Tais-toi donc grand Jacques
Que connais-tu de l'amour
Des yeux bleus, des cheveux fous
Tu n'en connais rien du tout

Et dis-toi donc grand Jacques
Dis-le-toi bien souvent
C'est trop facile,
C'est trop facile,
De faire semblant.

Images aléatoires

Présentation

Qui sommes nous ?

 

Mimidd (Emilie), 22 ans.

Etudiante en Histoire à Lyon.

Passions : Histoire ^^, cinéma, musique (en particulier les artistes de la nouvelle scène française), littérature (surtout les classiques français et anglais).

 

Lilou (Hélène), 20 ans.

Etudiante en Infocom et en Science Politique à Lyon.

Passions : musique (Paul McCartney, Beatles, rock 60's/70's), journalisme.

Signe particulier : sort avec un mec né en Allemagne avec un nom portugais, un prénom russe et qui vit en France !

 

Mimy, 21 ans.

Etudiante en Lettres à Lyon.

Passions : les pandas, Rimbaud, les voyages, la littérature, le cinéma et les chansons à textes : ))

Le cinéma montre l'invisible

Samedi 18 novembre 2006 6 18 /11 /2006 19:30

D'Alejandro Gonzalez Iñarritu

Avec Brad Pitt, Cate Blanchett, Gael Garcia Bernal ...

(sorti en salle le 15 novembre 2006 en vo)

     Quatre familles, trois continents, une seule souffrance ...

 

         Un coup de feu éclate dans le désert marocain ... Et ce n'est pas seulement la vie de Susan  (Cate Blanchett) qui est bouleversée. Cet incident touche de près son mari Richard (Brad Pitt), mais également l'existence jusque là paisible d'une famille de bergers marocains. Il remet également en cause les projets d'Amélia (Adriana Barraza), mexicaine qui vit aux Etats Unis, et qui doit se rendre dans son pays d'origine avec son neveu Santiago (Gael Garcia Bernal), pour assister au mariage de son fils. Dernière famille touchée par ce drame, au pays du soleil levant : dans la métropole tokyoite, la jeune Chieko (Rinko Kinkuchi), sourde muette, tente de sortir de sa solitude affective en s'offrant au désir des hommes ...

 

         Babel est le troisième volet de la trilogie du réalisateur mexicain, commencée en 2000 par Amores Perros (Amours Chiennes, première collaboration avec Gael Garcia Bernal), et poursuivie en 2004 par 21 grammes (que je n'ai pas encore vu, shame on me, alors que j'adore Sean Penn ...). Alejandro Gonzalez Iñarritu signe ici un film dense, émouvant, mais qui ne tombe jamais dans le mélodrame. Malgré quelques lenteurs (en particulier au tout début du film), Babel est un film magnifique, à commencer par sa photographie et sa BO, signée Gustavo Santaolalla (Carnets de voyage, 21 grammes ...). Puis par ses acteurs : si les têtes d'affiches sont excellentes, en particulier Brad Pitt qui m'a même fait pleurer, alors que je ne peux pas le supporter (Sauf dans Fight Club), les acteurs moins connus (Adriana Barraza, Rinko Kinkuchi ...) ou non professionnels apportent autant au film que les "stars"... Je pense en particulier à la vieille femme marocaine qui s'occupe de Cate Blanchett : quelle intensité, quelle émotion se dégage d'elle !

 

          Sur le fond, Iñarritu nous propose un voyage universel dans l'incompréhension humaine : tout d'abord à cause des barrières linguistiques, mais également à cause de la peur des autres ... Mais l'incompréhension la plus forte est peut être celle qui sépare les membres d'une même communauté, d'une même famille, où la barrière n'est pas celle d'un manque de mots, mais d'un trop plein de mots, vides de sens et tellement banalisés que personne ne s'écoute véritablement ... on parle, on s'entend, mais on ne s'écoute pas ... La parole est d'argent, le silence est d'or, mais le geste vers l'autre surpasse tout ...

 

          Les petits bémols, car il y en a quand même : on a parfois un peu de mal à se situer dans la chronologie de l'intrigue, entre les flash back et les flash forward, et personnellement, j'ai eu un peu de mal à entrer dans la partie japonaise de l'histoire, parce que les filles qui ont le feu aux fesses, c'est pas ma tasse de thé lol. Mais le final m'a réconcilié avec l'histoire de Chieko, tellement la scène sur le balcon est belle ... SPOILER : La nudité de Chieko, qui tout au long du film se veut nudité du désir sexuel, nudité de femme, est ici métamorphosée en nudité de l'enfant qui (re)nait dans les bras de son père ... FIN DU SPOILER

Par contre, il ne faut pas du tout se fier à la bande annonce, qui est vraiment horrible et ne respecte pas du tout l'esprit du film o_O' : cette ba nous présente une sorte de thriller américano-américain, mystico-politique violent et stressant ... N'importe quoi.

 

          Pour finir, ce film déclenche des critiques totalement opposées, certains y voyant un grand film, comme moi, d'autres le considérant comme une grosse daube ...  et personne ne semble avoir vu le même film ... Incompréhension totale ... Une vraie tour de Babel ... La boucle est bouclée ; )

Par Mimidd - Publié dans : Le cinéma montre l'invisible
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Vendredi 22 décembre 2006 5 22 /12 /2006 21:12

 Hé oui ! Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de mon acteur préféré,

 j'ai nommé RALPH FIENNES   :)

Par pitié, ne l'appelez ni "Ralfe Finesse" ni "Ralfe Finse" o_O' : il faut prononcer "Rèf Faïnse" !!!!

Donc mon cher Ralph fête aujourd'hui ses 44 ans ... Aîné d'une famille de 6 enfants (parmi les plus connus, on peut citer Joseph, lui aussi acteur, Magnus, compositeur et Martha, qui a réalisé Onegin et Chromophobia), il a grandi entre l'Angleterre et l'Irlande, encouragé sur la voie artistique par sa mère, Jini, romancière, et son père, Mark, photographe. Après des études d'arts (il voulait devenir peintre), il intègre l'Académie Royale d'Art Dramatique de Londres, puis la "Royal Shakespeare Company". Et oui, à côté de sa carrière cinématographique, Ralph Fiennes, à l'instar de grand nombre de ses compatriotes, mène également une brillante carrière sur les planches ! Les plus chanceux d'entre vous l'ont peut être déjà vu à Paris dans Julius Caesar (il interprétait Marc Antoine) ou bien à Broadway dans Hamlet ;) ... Je rêve de le voir sur scène ... Mais pour le moment, je ne peux le voir que sur grand écran, ce qui n'est déjà pas si mal :)

 

Je reprends donc ... Son premier rôle au cinéma : Heathcliff, le héros sombre et passionné de Wuthering Heights (Les Hauts de Hurlevent), adaptation du célèbre roman d'Emily Brontë (dont je vous reparlerai à coup sûr, puisque j'adore les soeurs Brontë). Virage à 180° l'année suivante, puisqu'il interprète Amon Goeth, le nazi sadique (pléonasme ;)) et torturé dans La liste de Schindler ... oui, celui qui tire sur tout ce qui bouge. C'est dans ce film que je l'ai découvert. On ne peut donc pas dire que c'est son physique qui m'ait attirée en premier chez lui (bon, c'est sûr que par la suite, ses magnifiques yeux et son sourire à tomber ont fait leur effet  XD), mais bien son talent, sa capacité à interpréter un vrai salaud sans en faire un monstre absolu ... Très troublant ...

Autre grand rôle, le comte Almasy, le fameux Patient Anglais  qui a tant fait coulé de larmes dans les chaumières (dans la mienne en tout cas).

J'avance à grand pas dans sa filmo, car je pourrais en parler des heures, j'ai vu tous ses films lol ... Son dernier film, (je devrais peut être préciser son dernier film sorti dans les salles françaises, car çà fait un bail que j'attends Land of the Blind et The White Countess), The Constant Gardener, est une pure merveille :) , qui mérite un article à lui tout seul. Affaire à suivre, donc ...

 

Pourquoi est ce que j'adore Ralph Fiennes ? Parce que, même si je délire parfois (hum) sur son sourire et ses yeux, c'est avant tout un grand acteur, au talent immense, qui arrive à nous faire partager ses émotions même sans prononcer un mot (je pense en particulier à Spider), qui peut tout jouer, avec la même intensité et surtout la même parcelle d'humanité, du psychopathe sérial killer (Dragon Rouge) au héros romantique désabusé (Onegin) en passant par le doux dingue de service (Oscar & Lucinda) ou le "pédophile platonique" (Chromophobia) ... Et puis parce c'est aussi un grand monsieur dans la "vraie vie", pas du tout attiré par les sirènes d'Hollywood, qui reste discret sur sa vie privée, qui ne se prend pas la tête, qui adore Shakespeare et la littérature russe, et qui est également ambassadeur pour l'unicef ...

"The people I consider successful are so because of how they handle their responsibilities to other people, how they approach the future, people who have a full sense of the value of their life and what they want to do with it. I call people successful not because they have money or their business is doing well but because, as human beings, they have a fully developed sense of being alive and engaged in a lifetime task of collaboration with other human beings -- their mothers and fathers, their family, their friends, their loved ones, the friends who are dying, the friends who are being born. Success.. is all about being able to extend love to people... not in a big, capital letter sense but in the everyday. Little by little, task by task, gesture by gesture, word by word."

 

Donc voilà, tout çà pour souhaiter un bon anniversaire à Ralph !   :)

 

Par Mimidd - Publié dans : Le cinéma montre l'invisible
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Mardi 16 janvier 2007 2 16 /01 /2007 15:10

De Darren Aronofsky

Avec Rachel Weisz, Hugh Jackman ...

(Sorti en salles le 27 décembre 2006)

Première revue ciné de l'année, pour un véritable coup de coeur ...

Un homme, une femme, l'inexorable ...

 

          De nos jours : Tommy Creo, chercheur en oncologie, passe ses jours et ses nuits dans son laboratoire à chercher désespérement le remède miracle qui pourrait sauver sa femme Izzy atteinte d'un cancer. Les vertus régénératrices d'un arbre guatémaltèque lui redonnent espoir, tandis qu'Izzy apprivoise peu à peu l'inexorable, en particulier grâce à l'écriture d'un roman "historique" ...

... Espagne, XVIème siècle : La reine Isabel, dont le royaume et la vie sont menacés par le Grand Inquisiteur, confie au Conquistador Tomas la mission de retrouver l'Arbre de Vie, mentionné dans la Genèse, et dont un missionnaire franciscain pense avoir retrouvé la trace au coeur du royaume Maya ...

XXVème siècle : Quelque part dans l'espace, un homme flotte dans une "bulle spatiale", avec pour seul compagnon un arbre à demi mort ... Sa destination : La nébuleuse Xibalba, une étoile en train de mourir, qui selon la mythologie maya, abrite le royaume des morts, et a le pouvoir de donner la vie.

          De la première à la dernière image, de la première à la dernière note (chapeau à Clint Mansell), ce film est une véritable merveille. A la fois très dur dans les thèmes abordés : la mort, la disparition de l'autre, le sentiment d'impuissance face à l'inacceptable, la solitude ... et très poétique, voire onirique, dans la réalisation et la manière d'aborder ces thèmes. Cette détresse humaine est exprimé avec beaucoup de finesse et de sensibilité, et même si j'ai pleuré pendant presque toute la durée du film, ca ne tombe jamais dans le pathos exacerbé. On sort de la salle ... étrangement serein et apaisé.

Le passage d'une histoire à une autre se fait de manière très fluide, il ne s'agit pas de trois histoires différentes, mais bien de trois manières d'appréhender une même histoire essentielle, à l'image du final magnifque qui clôt par une seule et même image les trois narrations ....

La magie de ce film réside également dans la liberté d'interprétation laissée au spectateur. Je pense en particulier à la troisième histoire ... S'agit-il de la réalité ? De l'achèvement de l'histoire de Tommy Creo, parti à la recherche de l'éternité ? Ou bien s'agit-il d'un détour dans l'inconscient du chercheur, comme j'aime à le penser ?

          Les deux acteurs principaux, filmés au plus près de leurs émotions, sont magnifiques : Rachel Weisz, tout d'abord, qui, comme dans The Constant Gardener, illumine le film de sa présence envoutante, dans ce rôle de femme condamnée, mais sereine ...

Et ensuite Hugh Jackman, vraiment bouleversant dans ce rôle d'homme tourmenté, foudroyé par la maladie de sa femme, et qui se bat envers et contre tous pour la sauver, au point d'oublier le plus important ... C'est la première fois que je le voyais dans ce genre de rôle, et je dois dire que j'ai été époustouflée par sa prestation !

 

 

          The Fountain est le genre de film que l'on porte aux nues ou que l'on déteste ... Pas de juste milieu. Vous l'aurez compris, j'appartiens à la première catégorie ^^ ... Mais les plus cartésiens se trouveront totalement perdus face à ce film qui parle avant tout au coeur humain et non à sa raison. Inutile de chercher à tout comprendre dès les premières images, savourez simplement, tout sera expliqué en temps voulu ... Regardez le film avec votre coeur, et utilisez votre cervelle après la séance, quand le film reviendra hanter vos pensées ....

 

 

Par Mimidd - Publié dans : Le cinéma montre l'invisible
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Dimanche 21 janvier 2007 7 21 /01 /2007 23:50

Je profite de la sortie du film The Illusionist et de ma lecture du roman de William Somerset Maugham, The Painted Veil, pour vous parler d'un autre acteur que j'adore, Edward Norton ... (A vrai dire, il y a des moments où je ne saurai dire lequel je préfère entre Ralph Fiennes et Edward Norton ... Et puis pourquoi choisir ? ^^ Disons que Ralph a l'avantage de l'ancienneté et d'une filmo plus importante ...)

 

Petit rappel pour ceux qui auraient passé la dernière décennie sur Mars  ; ) :

1996Peur Primale ... un film pas top en lui même (bon ok, franchement mauvais lol), mais premier rôle d'Edward Norton, et première nomination aux oscars pour le meilleur second rôle ... à seulement 27 ans. La révélation du film, qui vole la vedette à Richard Gere, dans le rôle d'un pauvre innocent ahuri ...

 

La même année, il pousse la chansonnette pour Woody Allen, dans Tout le monde dit I love you

1999 : L'année Norton ... avec tout d'abord American History X, où son rôle de néo nazi repenti lui vaut d'être nommé une seconde fois aux Oscars, pour le meilleur rôle cette fois ci (héhé, deux nominations aux Oscars à moins de 30 ans !).  Il livre dans ce film une performance époustouflante, à l'image de sa transformation physique : il a pris une dizaine de kilos de muscles pour ce rôle, en trois mois, et comme j'ai vu Peur Primale et AHX à la suite, je peux vous assurer que çà fait un choc, on le reconnait à peine !

 (Dans Peur Primale, avec en prime le petit penchement de tête caractéristique d'Edward Norton ^^)

 (Dans AHX)

Je crois que les photos parlent d'elles même lol ... Deux rôles totalement différents, un seul point commun : le talent.

AHX offre un rôle en or à Edward Norton, dont le charisme affolant fait d'autant mieux ressortir la sensibilité à fleur de peau de son personnage ... 

Je vous disais donc que 1999 était l'année Norton : en effet, la même année, sort Fight Club. Vous vous souvenez sans doute de ce film pour la prestation de Brad Pitt (qui est remarquable dans ce film, je le reconnais, même si je n'aime pas cet acteur.) Moi, je n'avais d'yeux que pour Edward Norton ^^, formidable dans ce rôle de paumé. A déconseiller néanmoins aux âmes sensibles, c'est un film assez violent, d'ailleurs plus sur le plan psychologique que physique.

2000 : Il réalise son premier film, Keeping the Faith (Au nom d'Anna en vf), dans lequel il joue aux côtés de Ben Stiller. Cette comédie romantique est idéale quand on a un coup de cafard, et tout en nous faisant rire, elle aborde des thèmes "graves" comme la tolérance religieuse, le conflit générationnel, l'amitié ...

Un autre film hilarant : Death to Smoochy, dans lequel Edward Norton interprète un rhino fuschia idéaliste ^^. Bon ok, il n'interprète pas vraiment un rhino fushia, il interprète un animateur tv pour enfants qui se déguise en rhino fuschia. C'est une comédie satirique sur le monde des "stars", pas du tout pour les enfants ...

Une petite photo pour le plaisir ^^

 

Deux films à mentionner pour leurs têtes d'affiches prometteuses, mais qui se révèlent assez décevants : The Score et Dragon rouge, dans lesquels Edward joue respectivement avec Marlon Brando et Robert de Niro, et avec Anthony Hopkins et Ralph Fiennes  : ) . Bon, je tiens quand même à signaler que même si les films sont décevants, Edward Norton (et Ralph of course) y est parfait, comme à son habitude.

2002 : Mon film préféré : La 25ème heure (on le trouve aussi sous le titre 24 heures avant la nuit). Il mérite un article à lui tout seul, alors chut  ; ) ...

 

2005 : Malgré son visage masqué dans Kingdom of Heaven, Edward Norton prête son charisme à Baudoin IV, le roi lépreux ... Une présence hallucinante ...

2006 : Down in the Valley, qui a connu une sortie plus que discrète dans les salles françaises  : ( Dans cette fable sur le rêve américain il interprète un cow boy en décalage avec le monde moderne, qui trouve l'amour dans les bras d'une jeune fille rebelle, incarnée par Rachel Evan Wood. C'est un film à la fois dur et poétique, très beau, mais aussi très déroutant, qui nécessite plusieurs visionnages .... Car comme le dit Mr Norton lui même, il n'aime pas les films qui donnent une réponse toute faite au spectateur.

2007 : Cette année commence bien, avec la sortie de L'Illusionniste le 17 janvier, et celle de The Painted Veil (Le voile des Illusions en vf) le 7 mars prochain. J'ai dejà vu le premier film, mais j'ai besoin d'un second visionnage avant de vous faire part de mon avis  ; )

Au vu de cette filmo sélective, vous aurez sans doute compris les raisons pour lesquelles j'adore Edward Norton : c'est un acteur vraiment très doué, qui a une classe folle, en retrait lui aussi du système hollywoodien, perfectionniste dans son travail, qui a une telle présence à l'écran ... Et il est loin d'être idiot : il a fait des études d'histoire à Yale, il parle couramment le japonais. Il est d'ailleurs souvent qualifié d'acteur "cérébral", c'est quelqu'un qui s'est beaucoup penché sur le sens de son métier d'acteur ...

 

 

"Life, like poker has an element of risk. It shouldn't be avoided. It should be faced."

"I always felt that acting was an escape, like having the secret key to every door and permission to go into any realm and soak it up. I enjoy that free pass."

Par Mimidd - Publié dans : Le cinéma montre l'invisible
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Mardi 6 février 2007 2 06 /02 /2007 15:00

De Marc Evans

Avec Sigourney Weaver, Alan Rickman, Carrie Ann Moss ...

(sortie en salles le 31 janvier 2007) 

 

         Sourire à la mort ... Sourire à la vie

 

          Canada : Alex (Alan Rickman), un anglais introverti, en lutte avec ses démons intérieurs, prend en stop Vivienne, une jeune fille pleine de vie, qui rêve de devenir écrivain ... Mais le voyage est de courte durée, un poids lourd percute leur voiture ... Vivienne meurt sur le coup, tandis qu'Alex s'en sort sans une égratignure. Rongé par la culpabilité, il décide d'aller s'excuser auprès de la mère de Vivienne, Linda (Sigourney Weaver). Mais la réaction de cette dernière n'est pas tout à fait celle qu'attendait Alex, qui découvre bientôt qu'elle est autiste.


          J'ai adoré ce film ... Je le place même juste un chouya en dessous de The Fountain, ce qui n'est pas peu dire étant donné  le véritble coup de foudre que j'ai éprouvé en voyant le film de Darren Aronofsky  ! Les deux films abordent des thèmes difficiles, sans jamais tomber dans le mélo. Dans Snow Cake, Marc Evans (qui a d'ailleurs dirigé Colin Firth dans Trauma, film qui n'est jamais sorti en France) nous confronte à la mort d'une adolescente, aux démons intérieurs d'un homme, à la culpabilité de deux hommes (Alex et le chauffeur du poid lourd), au monde étrange de l'autisme ... Le réalisateur s'en sort avec brio en évitant tous les pièges du genre, aidé en cela par le magnifique scénario d'Angela Pell (qui y parle de ce qu'elle connaît, puisque son fils est autiste) ...  C'est un film bouleversant, devant lequel on pleure un peu, on sourit beaucoup, et on rit passionnément, à l'image de Sigourney Weaver, magnifiquement radieuse dans ce rôle de femme enfant, fascinée par la neige et les boules lumineuses. On lui doit des scènes mémorables, tout à la fois mélancoliques, tendres et drôles ... Je pense notamment à la partie de scrabble : ) . On a envie de serrer bien fort Linda dans nos bras (sans la toucher avec les mains, attention ! ^^), de la remercier tout simplement d'être elle même, de bouleverser avec tant de douceur notre petit monde et nos conventions étriquées, et surtout, on a envie de rire à la vie avec elle, de se rouler dans la neige et de faire du trampoline  ...

Alan Rickman n'est pas en reste en homme solitaire et tourmenté par son passé, qui va réapprendre à sourire  à la vie ... Il livre ici le portrait tout en finesse d'un homme brisé, qui apprend à regarder la vie droit dans les yeux, entraîné par Linda et son monde intérieur qui recèle bien des trésors ... C'est un vrai plaisir de voir ce personnage so British (avec le flegme qui va avec) se retrouver dans des situations très incongrues (Mr Rickman sur un trampoline ou en train de nettoyer du vomi de chien, ca vaut le coup d'oeil ^^), et le cadeau qu'il offre à Linda (je veux le même !) reflète parfaitement son parcours intérieur ...


Pour finir, un mot qui décrit à merveille ce film : 

 

Dazlious

 

Je ne peux que vous conseiller d'aller voir ce film ... Si vous en avez l'occasion (il ne passe malheureusement que dans très peu de salles), ne le ratez surtout pas ...


 

Par Mimidd - Publié dans : Le cinéma montre l'invisible
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Mardi 27 février 2007 2 27 /02 /2007 19:06

De Clint Eastwood

Avec Ken Watanabe, Kazunari Ninomiya, Tsuyoshi Ihara ...

(Sortie en salles le 21 février 2007 en vostfr)

 

 

Un film sur l'homme, tout simplement ...

 

          île d'Iwo Jima, 1945 : Les soldats japonais attendent l'offensive américaine sur l'île d'Iwo Jima, le dernier rempart japonais. Une solitude rythmée par les lettres envoyées et reçues ... Parmi ces soldats, Saigo (Kazunari Ninomiya), le jeune boulanger, qui a promis à sa femme enceinte de rentrer sain et sauf au pays, et dont la rage de vivre apparait plus que suspecte à ses camarades de combat, imprégnés de l'idéologie patriotique, à l'image de Shimizu, ancien de la police militaire, et sujet très obéissant de l'empereur. Parmi les gradés, le Général Kuribayashi (superbe Ken Watanabe), qui a vécu aux Etats Unis, chez cet "ennemi si honni", mais qui est avant tout un soldat : "Les convictions d'un homme et celles de son pays ne sont-elles pas les mêmes ?". Le fringant Baron Nishi (Tsuyoshi Ihara),  médaillé olympique à Los Angeles (pour le saut d'obstacle), ami de Douglas Fairbanks et de Mary Pickford, conscient de l'impasse que va devenir la bataille d'Iwo Jima, mais qui choisit néanmoins de venir se battre ...

 

 

          Lettres d'Iwo Jima est plus qu'un énième "film de guerre". Il ne présente pas des soldats japonais en train de se battre, mais bien des hommes perdus au milieu d'un conflit mondial dont ils ne comprennent pas tous les tenants et aboutissants, perdus entre leurs propres convictions et les ordres d'un Etat major qui les abandonne de plus en plus ... Certes, la guerre est bien présente, avec son lot de victimes, et quelques images peuvent choquer les âmes sensibles (je pense en particulier à la scène de suicide collectif ...). Mais la dimension "militaro stratégique" (qui reste pour moi du chinois à chaque fois que je vois un "film de guerre") apparaît peu dans le film. On suit le parcours d'hommes promis à une mort inévitable sur un îlot du Pacifique. Le film n'est pas vraiment la bataille d'Iwo Jima vue par "les Japonais". Il n'est jamais question des Japonais, des soldats comme d'une masse anonyme. Cette volonté de donner une figure humaine et individuelle à chaque soldat apparait dans les flash back, où l'on voit les personnages évoluer dans leur univers (famille, amis, travail), avec tout ce que cela peut entrainer de décalage avec leur vie à Iwo Jima où ils pourraient presque se fondre dans la masse anonyme des uniformes. Mais il y a toujours un élement qui les fait rester humain : les lettres, les ceintures porte bonheur, qui peuvent sembler incongrues sur l'uniforme militaire, mais qui rattache ces hommes perdus au milieu de nulle part à leur "home sweet home", à quelque chose de plus tangible que la folie qui les entoure ... A quelque chose qui puisse leur faire répondre correctement à la question du Lieutenant Colonel Nishi : "Where do you come from ?" (scène très touchante et quasi irréelle). D'autant plus que l'on se rend compte que dans le camp opposé, ce sont exactement les mêmes hommes, avec les mêmes peurs, les mêmes faiblesses, les mêmes espoirs ...Et c'est en cela que le début du film est important ... qualifié de trop lent par certains, car il s'attarde sur la période d'attente avant la bataille. Moi j'ai aimé (d'ailleurs j'ai aimé tout le film ^^), car cela montre que les soldats ne sont pas seulement de la chair à canon. Ce sont avant tout des hommes (ok, j'arrête avec ce mot lol).

 

          Au delà de son message humaniste, le film est également une vraie merveille, tant sur le plan de la photographie (avec des couleurs désaturées - je ne sais pas si c'est le terme exact - qui donnent une certaine élégance au film, en même temps qu'une touche de lucidité mélancolique), de la BO (composée par le fiston Eastwood, très belle, très sobre, à la fois discrète et envoutante. bref, juste comme il faut  : ) )

Et que dire des acteurs ! Inconnus des Occidentaux pour la plupart (à l'exception de Ken Watanabe, et de Mark Moses - Paul Young dans Desperate Housewives - qui fait une brève apparition), mais quel talent ! Ken Watanabe, royal comme d'habitude (en fait, je dis çà, mais je ne l'ai vu que dans Le Dernier samourai et Batman Begins ^^, mais il m'a vraiment convaincue ...). Il campe un général Kuribayashi lucide, moderne, héroïque dans sa volonté de faire taire ses convictions profondes pour défendre sa patrie, et tellement seul et incompris ... A ses côtés, Tsuyoshi Ihara (Baron Nishi) n'est pas en reste, en véritable "gentleman", touchant par son amour des chevaux ... On lui doit quelques une des plus belles scènes du film  : ) ... Et Kazunari Ninomiya, qui interprète l'anti héros du film, Saigo ... Voilà le jeune homme qui va vous réconcilier (ou presque) avec les boys bands ^^. Absolument parfait !!!

Le reste du casting est tout aussi réussi. Chaque personnage a ses propres convictions, ses propres raisons de se battre (ou non), sa propre manière de rester un homme digne, mais aucun jugement n'est porté. Il n'y a pas de bons et de méchants ...

 

 

          Alors n'ayez pas peur de la vo japonaise sous titrée en français, ainsi des 2h20 du film, elles passent comme une lettre à la poste. Et si jamais Lettres d'Iwo Jima est projeté près de chez vous (ce qui est sans doute le point le plus épineux, puisque peu de salles le projettent), allez le voir sans hésitation ...

 

 
 
"Do what is right because it's right."

 

 

 

 

Par Mimidd - Publié dans : Le cinéma montre l'invisible
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Samedi 10 mars 2007 6 10 /03 /2007 10:18

De John Curran

Avec Edward Norton, Naomi Watts, Liev Schreiber, Diana Rigg ...

(Sortie en salles le 7 mars 2007)

 

 

Ca y est ! Je l'ai enfin vu ! Le film que j'attendais depuis des mois ! Cette fois ci, je ne fais pas de synopsis, vous êtes censés avoir lu mon article sur le roman de Maugham ^^ ( cf article The Painted Veil)

 

Et je n'ai pas été décue : ) ... Malgré les modifications faites par rapport au roman, c'est un film magnifique, qui raconte avec élégance et sobriété la rencontre de deux êtres, perdus au milieu de paysages grandioses (qui me rappellent un peu la Baie d'Halong) ... Une rencontre assez silencieuse, mais o combien envoutante et primordiale. Tout passe par les regards et les gestes qui expriment tout à la fois la tendresse, la haine, l'amour, la souffrance, le défi, l'humour, et l'acceptation ... l'acceptation de l'autre, avec ses différences, ses qualités, mais aussi ses défauts ... bref, l'autre tel qu'il est vraiment. Cette explosion de sentiments à l'état brut nous est livrée dans un sublime écrin musical, composé par Alexandre Desplat. Une bo élégante, pas flamboyante ni passionnée, mais qui reste dans l'esprit et dans le coeur longtemps après, à l'image des deux personnages principaux ...

 

(Scène de la rencontre ...

j'adore cette Gnossienne de Satie)

 

... Walter et Kitty ... Edward Norton et Naomi Watts ... Ils sont absolument parfaits, ils expriment de manière intense et subtile la confusion des sentiments qui agite les personnages ... Leurs face  à face sont magnifiques, leurs silences sont empreints de tant de signification ... Ils sont les personnages inventés par maugham, avec une dimension humaine supplémentaire, qui se traduit par l'accentuation du coté "clumsy" et coincé de Walter, ce qui apporte une touche d'humour au film. Mais aussi par son cheminement personnel, parallèle à celui de Kitty. Inutile de m'étendre sur la prestation d'Edward Norton, je ne suis pas du tout objective : un de mes acteurs préférés qui incarne l'un de mes gentlemen préféré ... Naomi Watts est tout aussi merveilleuse. Le personnage de Kitty est présenté de manière plus attachante. Non pas que l'héroine de Maugham ne le soit pas, malgré tous ses défauts. Mais dans le film, on comprend mieux ses raisons d'agir, sa "superficialité". Peut être aussi parce que sa relation avec son époux va plus loin que dans le roman. C'est en effet là que se situe le changement le plus important , mais ca ne me gêne pas. Au contraire, j'aime cette seconde chance qui est accordée à Walter et Kitty.

 

Parmi les changements, la Chine occupe une place plus importante, et ce n'est pas plus mal. Le roman de Maugham se présente plutôt comme un huis clos entre Walter et Kitty, alors que le film les replace dans leur contexte, et montre ce qui fait avancer les personnages : la majestueuse sérennité qui se dégage du paysage chinois, les problèmes politiques qui déchirent la Chine (même si ce n'est pas beaucoup évoqué. mais ca n'apparait pas du tout dans le roman), l'épidémie de choléra et le travail effectué par Walter (et comme de cette facon, son personnage est plus développé que dans le roman, je suis absolument pour ^^).

 

Certaines modifications m'ont ... "gênée" serait trop fort, mais j'aurais préféré que le roman soit respecté à certains moments. Mais c'est vraiment secondaire, et ca ne gâche pas le plaisir que j'ai eu à voir le film. Ca concerne surtout la première partie de l'intrigue, à Londres et Shanghai (Hong Kong dans le roman). Maugham prend son temps pour évoquer les prémisses de l'histoire, pour introduire le personnage de Walter, qui se retrouve comme auréolé de mystère ... Cela entretient le suspense. De la même manière, je trouve un peu dommage d'avoir modifié la demande en mariage, et l'horriblement belle déclaration d'amour de Walter à Kitty. Dans le film, ils n'ont gardé que le début : "I knew when I married you that you were selfish and spoiled, but I loved you." c'est une scène vraiment poignante dans le roman, et l'avoir coupée enlève quelque chose, je trouve, car Walter s'y livre entièrement ...

Et un petit détail : le générique de début ressemble étrangement à celui de L'illusionniste   o_O'

 

Courez vite voir ce film magnifique, en vost de préférence, si vous le pouvez, car la vf m'a l'air un peu bizarre ^^

 

 

 

Par mimidd - Publié dans : Le cinéma montre l'invisible
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Vendredi 23 mars 2007 5 23 /03 /2007 12:02

 
 
De Woody Allen
 
Avec Jonathan Rhys-Meyers, Scarlett Johansson, Emily Mortimer, Matthew Goode...
(Sortie en salles le 26 Octobre 2005)
 
J'ai adoré ce film, et comme je ne suis pas aussi douée que Mimidd en ce qui concerne les critiques de cinéma, je vous donne cet article sur le film par Pierre Murat de Télérama qui sera certainement plus à la hauteur que moi pour présenter ce chef-d'oeuvre de Woody Allen :
 
Une question de chance. Prenez le tennis, par exemple. La balle que vous avez jouée touche le filet. Si vous avez la poisse, elle retombe dans votre camp et vous perdez l’échange. Si la baraka est avec vous, elle se décide à ridiculiser l’adversaire et c’est vous qui remportez le point. Et le set et le match.
C’est sur une balle de tennis en suspens que s’ouvre le nouveau Woody Allen, le plus beau qu’il ait récemment réalisé, l’égal des réussites qu’il alignait annuellement dans les années 8O : Hannah et ses sœurs, La Rose pourpre du Caire, Crimes et délits, Une autre femme.
Cette balle ressemble au destin du héros, un superbe jeune homme (Jonathan Rhys-Meyers), dont l’indéniable beauté se mêle, on le devine instantanément, à une sorte d’inquiétante veulerie. Chris Wilton a été tennisman professionnel. Plutôt doué, mais pas assez pour devenir un Agassi, un Kuerten ou un Federer. Le voilà, donc, reconverti professeur dans un quartier huppé de Londres. Parmi ses clients, un fils de riche (Matthew Goode), si délicieusement à l’aise avec son fric et son milieu qu’il en devient presque sympa. Tom Hewitt a une sœur, Chloé (Emily Mortimer) qui tombe vite amoureuse du beau tennisman. Ravis de voir leur fille enfin heureuse, les parents acceptent le parvenu : ils lui donnent un métier, un appartement, une voiture, des fringues. Chris est, désormais, tout près de la réussite sociale dont il avait rêvé. A condition de ne pas gâcher sa chance.
Ce qu’il va faire en tombant éperdument amoureux, sensuellement et sexuellement raide dingue, de l’ex-copine de son beau-frère, Nola Rice (Scarlett Johansson). Une déclassée comme lui, doublement dans cette Angleterre très british puisqu’elle est américaine. Triplement parce qu’ actrice sans avenir. Tout se complique lorsque Nola, enceinte, menace de faire un esclandre…
Dans ce conte grave, pessimiste comme il les aime, sur l’inconséquence des êtres et l’ironie de la vie, Woody retrouve une verve depuis quelque temps disparue. Et soudain transposés chez les classieux anglais, ses chers et insupportables bobos newyorkais revivent, soudain, très différents et pourtant si semblables à leurs lointains cousins par leur cruauté enfantine et leur inconscience obstinée. C’est évidemment à Crimes et délits que l’on songe : les deux films ont en commun une réflexion épouvantée sur la présence du Mal, tapie en chacun de nous et sur la lutte perdue d’avance pour lui échapper. On songe aussi, même si aucun élément du générique ne l’annonce, au célèbre roman de Theodore Dreiser, Une tragédie américaine, souvent adapté à l’écran, signée dans sa version la plus célèbre, par George Stervens, avec Montgomery Clift et Elizabeth Taylor (Une place au soleil).
Si ce n’est que, dans son côté Rastignac, Jonathan Rhys-Meyers est nettement plus duplice que Montgomery Clift. C’est un redoutable indifférent, capable du pire, mais jamais du meilleur, sous son apparence polie, policée, aimable et séductrice. Une courte scène suffit à Woody pour définir le personnage : dans son lit, le soir, Chris s’attaque à un chapitre de Crime et châtiment. Après quelques secondes, seulement, il remplace le livre par un guide de Cambridge sur Dostoievski. Chris ne va jamais au cœur des choses, il se contente de surfer, constamment, sur l’art, la vie et les sentiments…
Tout, dans ce film qui dure deux heures (une rareté pour Woody) est vif, malin, précis et jubilatoire. Ses adversaires pourront juste retrouver, ajoutée à sa misanthropie légendaire, une misogynie de plus en plus affirmée. C’est que, depuis Mia Farrow dans Maris et femmes, les « passives-agressives » se multiplient chez Woody et aucune des héroïnes de Match Point n’y échappe – même si Emily Mortimer est souvent, émouvante et Scarlett Johansson, elle, à chaque instant, d’une sensualité à tomber.
Techniquement soigné - ce qui n’était plus guère le cas, depuis quelques années (décors utiles et non plus utilitaires, mouvements de caméra élégants et non plus fonctionnels), le film se clôt sur une pirouette étincelante et cynique que Woody avait déjà amorcée dans son dernier film sorti en salles, Melinda et Melinda. Mais la morale de tous ses films récents est la même : la vie est courte, on la joue sur un coup de dés. Et autant en emporte le vent…
 
Et voici, pour finir, une superbe vidéo résumant cette histoire passionnelle en musique (Le boléro extrait du générique du film "Moulin Rouge") :
 
 
 
 
Dernier message, allez voir ce film, qui est excellent mais allez aussi voir le Voile des Illusions (dont Mimidd a fait la promotion), en vost de préférence, parce que ces deux films sont à ne pas manquer!!! ;-)
 
 
 
Par Lilou - Publié dans : Le cinéma montre l'invisible
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Mercredi 26 septembre 2007 3 26 /09 /2007 17:08

Je profite de sa rediffusion sur France 4 à partir de ce soir pour vous parler de ma série préférée :

 

 

 

- "What ?!"

 

Série culte en Angleterre, où elle fait le bonheur des petits et des grands depuis un peu plus de 40 ans, Doctor Who est passé beaucoup plus inaperçu de ce côté ci de la Manche (mais j'essaie d'y remédier ^^).

Diffusée à l'origine entre 1963 et 1989, cette série de science fiction a été relancée en 2005. La BBC a diffusé au printemps dernier la 3ème saison (encore inédite en France) de la nouvelle série.  Non amateurs de science fiction, ne fuyez pas tout de suite, la série s'adresse tout autant aux amateurs du genre qu'aux réfractaires. J'en suis la preuve vivante ;)

 

- "I'm the Doctor.

- Doctor who ?"

 

Comme l'indique le titre de la série, le Docteur est un personnage très énigmatique, dont on ne connait même pas le nom ... Le Docteur est un Time Lord (Seigneur du temps) originaire de la planète Gallifrey. Mais cette dernière a été détruite, ainsi que tous ses habitants, lors de la Guerre du temps qui a opposé jusqu'à la mort les Time Lords aux Daleks. Le Docteur est donc l'unique survivant de ce conflit, ou du moins le croit il, jusqu'à la réapparition de ses vieux ennemis, et la révélation d'un ami au sujet de son propre peuple (saison 3) . Quoi qu'il en soit, la culpabilité d'être encore en vie pèse lourdement sur la conscience du Docteur.
Et cela d'autant plus que s'y ajoute le poids de la solitude ... En effet, le Docteur est agé de 900 ans et des poussières. Comme tous les Time Lords, il a la possiblité de se régénérer (au maximum 12 fois) dans un nouveau corps. En ce moment, on en est à sa 10ème incarnation, interprétée par David Tennant (saisons 2, 3, 4 et plus si affinités), qui a été élu en 2006 "meilleur Docteur" par les fans de la série.

 

Lui ont précédé dans ce rôle :

1- William Hartnell (1963-1966)

2- Patrick Troughton (1966-1969), dont le nom rappellera sans doute quelque chose aux fans de la série anglaise Robin Hood (2006) qui va bientôt être diffusée sur Canal+, puisque c'est le grand père de "Much" ;)

3- Jon Pertwee (1970-1974)

4- Tom Baker (1974-1981), longtemps resté le Docteur préféré des fans

5- Peter Davison (1981-1984), dont je suis en train de découvrir les aventures

6- Colin Baker (1984-1986)

7- Sylvester McCoy (1987-1989)

8- Paul McGann (film de 1996)

9- Christopher Eccleston (2005), "premier" Docteur de la nouvelle série

 

Les 9ème et 10ème Docteurs

 

Même s'il existe quelques différences entre toutes les incarnations du Docteur, d'une manière générale, il apparait comme un personnage solitaire, qui cache ses démons intérieurs derrière un humour très british, et un enthousiasme communicatif, en particulier en ce qui concerne les humains.

 

Le 10ème Docteur ("mon" Docteur, au sens où j'ai découvert la série avec cette incarnation) est assez extraverti, mais sévère avec les "méchants". Il est malin, impertinent, charmeur, bavard, lunatique - arme secrète qu'il utilise pour destabiliser ses ennemis. Il utilise également un outil plus "conventionnel" : sa sonic screwdriver ... Sa culture est très large, il peut citer aussi bien du Shakespeare et du Dylan Thomas que du Disney, du Kylie Minogue ou du JK Rowling.

 

- "Allons-y, Alonzo !"

 

En tant que Seigneur du Temps, le Docteur peut voyager dans le temps et dans l'espace, grâce à son TARDIS (Time And Relative Dimension In Space), objet volant non identifié qui a l'apparence d'une cabine de police secours bleue, et qui est plus grande à l'intérieur qu'à l'extérieur. Ce qui permet donc au Docteur d'emmener avec lui des compagnons de voyage, comme Rose Tyler (saisons 1 et 2), Martha Jones (saisons 3 et 4), le captain Jack (saisons 1 et 3), ou encore Donna Noble (saison 4).

 

Au cours de ses voyages, le Docteur a déjà rencontré la reine Victoria, Dickens, Shakespeare (et prochainement Agatha Christie), assisté à la création et à la fin de l'univers, lu avant tout le monde le tome 7 d'Harry Potter, porté la flamme olympique lors des JO 2012 de Londres ... il a également voyagé sur la Lune et sur des planètes aux noms aussi exotiques que Raxacoricofallapatorius ...

 

- " I can't decide whether you should live or die ..."

 

Bien sûr, le Docteur ne serait pas un véritable héros s'il n'avait des ennemis dignes de ce nom ...

Parmi les méchant très méchants que l'on retrouve dans plusieurs épisodes de la nouvelle série (et de l'ancienne aussi, par ailleurs), on peut nommer :

 

- Les Daleks, sorte de salières géantes qui parcourent l'univers avec comme mot d'ordre : Exterminate ! ... pas très sympathiques, donc. Les Daleks sont les grands ennemis des Time Lords, et ont été anéantis avec eux lors de la Guerre du Temps. Sauf que ...

Veritables machines à tuer, les Daleks sont normalement dénués de tous sentiments, mais certains d'entre eux se conduisent bizarrement en raison d'expériences génétiques, à base d'ADN humain, menées dans le but de sauver la race de l'extinction.
Armés d'un rayon laser qui peut désintégrer tout ce qui se trouve sur leur chemin, et d'une ventouse qui peut aspirer tout et n'importe quoi, en particulier la cervelle de leur ennemis, les Daleks sont redoutables et ne craignent personne, excepté le Docteur ...

 

- Les Cybermen. Ceux de la nouvelle série ont été créés dans un monde parallèle en vue d'améliorer la race humaine. Les Cybermen sont de fait des humains qui ont été "upgradés" : leur cerveau est désormais contenu dans un exosquelette métallique, les mettant ainsi à l'abri de la maladie et de la mort. Par ailleurs, les émotions étant considérées comme nocives, les cybermen sont dotés d'une puce qui annihile leurs émotions. Sans cette puce, les cybermen mourraient en se remémorant toutes les souffrances qu'ils ont causé, en voulant à tout prix "upgrader" les autres humains ...


- Le Master (saison 3). Le Master est le grand méchant de la série. Brillamment interprété par John Simm (le héros de Life on Mars, autre série britannique à voir absolument), le Master est une sorte de Professeur Moriarty, le pendant maléfique du Docteur. Comme lui, il a choisi son nom, mais autant le Docteur apparait comme "celui qui soigne et qui rend les gens meilleurs", autant le Master est tout entier dévoré par sa soif de conquête ... Ami d'enfance du Docteur, il est devenu fou après avoir plongé son regard dans le Vortex du Temps.

 

- "It's FANTASTIC !"

 

Comme je l'ai déjà dit, j'adoooooore cette série. Derrière son côté un peu loufoque et très kitsch, Doctor Who est une série de grande qualité, que ce soit sur le plan des acteurs, des scénarios, des effets spéciaux ou encore de la musique ... Malgré le fait que le public visé soit les enfants, la série s'adresse également aux adultes, en abordant de manière subtile des thématiques aussi graves que la solitude, la culpabilité, la mort etc. On peut passer du rire aux larmes en un quart de seconde, de l'horreur à la pitié en un clin d'oeil ...

 

Pour une fois qu'une chaine française diffuse une série anglaise de qualité, n'hésitez pas ;) ... Et ne vous faites pas une idée arrêtée sur la série après un épisode (sauf bien sûr si vous tombez en admiration dès cet épisode lol). Doctor Who est une série assez destabilisante au premier abord, et je ne vous cache pas que ma première réaction a été : "mais c'est du grand n'importe quoi !" ^^. Mais c'est une série qui mérite vraiment qu'on persévère, et plus on avance dans les épisodes,  plus on s'habitue au côté complètement déjanté du Whoniverse, plus on s'attache aux personnages ... Sans compter que la série se bonifie au fil des épisodes : )

France 4 rediffuse les 3 premiers épisodes de la saison 1 à partir de ce soir, puis tous les mercredis soirs à raison de 2 épisodes par semaine ... il y aura également des rediffusions le jeudi matin, le samedi matin, le lundi après midi et dans la nuit du mardi au mercredi. Sans compter les rediffusions en vost dans la nuit du vendredi au samedi (à confirmer) ...

 

La saison 3 sera diffusée à partir de Janvier sur France 4, et la BBC diffusera la saison 4 au printemps

 

Le Docteur et sa prochaine compagne de route,

Donna Noble

 

Par mimidd - Publié dans : Le cinéma montre l'invisible
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