Texte libre

C'est trop facile d'entrer aux églises
De déverser toute sa saleté
Face au curé qui dans la lumière grise
Ferme les yeux pour mieux nous pardonner

Tais-toi donc, grand Jacques
Que connais-tu du Bon Dieu
Un cantique, une image
Tu n'en connais rien de mieux

C'est trop facile quand les guerres sont finies
D'aller gueuler que c'était la dernière
Ami bourgeois vous me faites envie
Vous ne voyez donc point vos cimetières?

Tais-toi donc grand Jacques
Laisse-les donc crier
Laisse-les pleurer de joie
Toi qui ne fus même pas soldat

C'est trop facile quand un amour se meurt
Qu'il craque en deux parce qu'on l'a trop plié
D'aller pleurer comme les hommes pleurent
Comme si l'amour durait l'éternité

Tais-toi donc grand Jacques
Que connais-tu de l'amour
Des yeux bleus, des cheveux fous
Tu n'en connais rien du tout

Et dis-toi donc grand Jacques
Dis-le-toi bien souvent
C'est trop facile,
C'est trop facile,
De faire semblant.

Images aléatoires

Présentation

Qui sommes nous ?

 

Mimidd (Emilie), 22 ans.

Etudiante en Histoire à Lyon.

Passions : Histoire ^^, cinéma, musique (en particulier les artistes de la nouvelle scène française), littérature (surtout les classiques français et anglais).

 

Lilou (Hélène), 20 ans.

Etudiante en Infocom et en Science Politique à Lyon.

Passions : musique (Paul McCartney, Beatles, rock 60's/70's), journalisme.

Signe particulier : sort avec un mec né en Allemagne avec un nom portugais, un prénom russe et qui vit en France !

 

Mimy, 21 ans.

Etudiante en Lettres à Lyon.

Passions : les pandas, Rimbaud, les voyages, la littérature, le cinéma et les chansons à textes : ))

Le pire ennemi du journaliste, c'est l'information

Vendredi 23 février 2007

Un reportage de Manon Loizeau et Alexis Marant qui a reçu le prestigieux prix des journalistes, Albert Londres. Il a déjà été diffusé sur Arte en Octobre 2006. Mais je pense qu'il faut en parler beaucoup plus car c'est un sujet alarmant !

"On trouve tous les jours des bébés filles morts dans les buissons. J'ai voulu prendre une photo de celles que j'avais trouvées en un mois. Je n'ai jamais pu la montrer. Elle était trop horrible", raconte le responsable d'une association.

Les raisons ? Dans ces pays écrasés par les croyances ancestrales et les traditions, les filles sont considérées comme coûteuses et inutiles. En Inde, au Pakistan : la dot pour le mariage, la pression sociale.., en Chine : la politique de l'enfant unique, la misère souvent comme explication.. Mais on retrouve ces pratiques dans toutes les couches sociales.

100 millions, c'est le nombre de petites filles qu'il manquerait dans le monde aujourd'hui. Ce sont les "Missing Women" : "les femmes manquantes" comme les a définies l'Indien Amartya Sen, Prix Nobel d'économie en 1998. L'absence de femmes en Asie aura, à terme, des conséquences politiques et sociales pour le monde entier.
Le déséquilibre qui se développe depuis vingt ans déjà annonce un bouleversement démographique sans précédent. Avortements sélectifs massifs, infanticides, ces "disparues", ces "effacées" n'ont même pas eu le droit élémentaire d'"exister".
C'est en Asie surtout que le fléau est le plus répandu. Dans certaines régions chinoises sans femmes on constate les conséquences dramatiques de ce déséquilibre de la population. Régions où les autorités dépassées par leurs propres erreurs lancent aujourd'hui des campagnes pour "chérir les filles". "Ayez des filles" disent les slogans… Douloureuse ironie de l'histoire.

"Recueillir la parole des femmes elles-mêmes, ces mères qui ont tué ou empêché de naître ces filles fut très compliqué", relate Manon Loizeau, car "elles n'ont souvent pas conscience d'avoir commis un crime". Les rencontres ont nécessité un long travail d'approche, notamment grâce à l'ONG Terre des hommes. La reporter explique que "les mères infanticides que nous avons par exemple filmées dans le Tamil Nadu sacrifient leurs enfants parce qu'elles n'ont pas assez d'argent pour les nourrir et que la communauté ne leur laisse pas le choix". Les témoignages de ces femmes infanticides sont d'une grande pudeur. Souvent, c'est la première fois qu'elles se confient ainsi, ne s'étant jamais permis d'exprimer leur douleur. Au début, elles décrivent "froidement comment elles ont tué leur nouveau-né". Il faut du temps pour "qu'elles confient leurs émotions" mais "une fois la parole libérée, c'était bouleversant".

Pour lutter contre ce fléau, il faudrait changer les mentalités, estime Manon Loizeau . "Les femmes indiennes doivent cesser de se dire qu'elles valent moins que les hommes. En dehors de la pression sociale et du poids des traditions, elles se nient elles-mêmes le droit d'exister. Souvent elles refusent de donner naissance à des filles pour ne pas leur faire subir ce qu'elles-mêmes ont enduré".

La conséquence concrète de tout ça c'est le désoeuvrement des millions d'hommes (pauvres mais pas forcément) qui ne savent comment faire face à l'absence de femmes. Des villages entiers se forment avec uniquement des célibataires, des hommes qui n'ont aucune chance de trouver une épouse, on les appelle les "bachelors villages".

Les conséquences à longs termes sont faciles à prévoir : dans 10 ans, les experts estiment qu'il manquera environ 200 millions de femmes !

Ce que nous savons déjà c'est que l'espèce humaine a une constante biologique : il naît 105 garçons pour 100 filles. Il y aurait donc déjà un déséquilibre des sexes à la base. Cependant dans certaines régions de l'Inde, on constate 125 naissances de garçons pour 100 naissances de filles, ce qui est tout à fait préoccupant. Car, les femmes arrivées à l'âge de procréer feront peu d'enfants, étant peu nombreuses. Leur génération ne sera pas remplacée (pour 105 garçons pour 100 filles, il faut 2,1 enfants en moyenne, mais pour 120 garçons pour 100 filles il en faudrait 2,25 !). Ces pays connaîtront un ralentissement de la démographie et un vieillissement rapide !

De plus, les familles de ces rares femmes auront l'embarras du choix et donneront leur fille au plus offrant. Les citadins iront chercher leur femme à la campagne et les campagnards se tourneront vers les femmes des montagnes. Il se créera une situation qui déstabilisera tout le pays puisqu'on trouvera des communautés d'hommes jeunes, pauvres et définitivement célibataires dans les régions les plus reculées du pays. L'Etat chinois s'inquiète déjà de cette conséquence car ces hommes se tournent généralement vers le banditisme et sont potentiellement dangereux pour la société. Sans parler des femmes violées ou enlevées.

Voir le reportage : http://www.dailymotion.com/video/xjrz3_un-genocide-silencieux

Par Mimy
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Samedi 21 avril 2007

Je vais essayer de dire quelques mots sur le sujet. Ce sera la première fois que je vote et je me sens d'un coup très responsable (un peu adulte donc). Je me renseigne de-ci de-là et je pioche des opinions chez mes amis qui sont en majorité gauchistes (même très..). C'est supra important pour nous cette première élection présidentielle, on a pas envie de passer à côté, mais on ne se laisse pas non plus bercer par de douces illusions, on se sent un peu oubliés par tous ces vieux politiciens !!

J'ai toujours eu une préférence mais comme on m'accuse de subjectivité, j'ai passé pas mal de temps à me justifier. Ma famille n'a pas du tout les mêmes opinions que moi, et désormais j'évite les débats politiques afin d'épargner mes nerfs et mon équilibre psychologique. J'ai appris aussi que dans la plupart des familles, les avis divergeaient. Quand on sait que les discussions sur le sujet s'enflamment très vite..bref je sens que des réunions de famille ont sans doute été annulées pour cause d'élections !! : ))

Ma dernière trouvaille : cet excellent test qui vous aidera à y voir plus clair, si ce n'est pas déjà fait (faut dire 30% d'indécis c'est un peu beaucoup !!). Il explique les détails, compare le programme des candidats point par point avec nos réponses.

Moi je l'ai fait, et les résultats m'ont fait rire, bien qu'ils ne m'aient pas étonnée outre mesure. Et je comprends enfin qu'on n'englobe pas tout un programme car chacun comprend la politique à son niveau, un programme est fait des petites facettes de toute nos vies (oulala c'est un peu lourd : )) ). Maintenant, je ne peux pas dire que j'irai voter très satisfaite de moi, cependant j'ai quand même quelques certitudes (alléluia !! : )) ).

En fait, il faudrait aller voter, même si on y croit pas. Je pense que c'est un devoir de citoyen, plus qu'une liberté. Et si ce n'est pas pour, ce sera au moins contre quelqu'un. "Si tu ne t'occupes pas de politique, la politique s'occupera de toi !".

Je me sens très intimidée par cette nouvelle responsabilité. J'ai quand même peur de faire de mauvais choix -mais le destin national ne repose pas sur mes frêles épaules non plus, faut que je me calme... Pourtant une erreur de jugement, et les choses sont faussées -par certaines conjectures indépendantes de notre volonté parfois. : ((

Allez faire ce test, qui est très bien, afin de voter en toute connaissance de cause : http://www.jevotex.fr/votex/index.jsp

Par Mimy
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Mardi 24 avril 2007

  

   Les pays étrangers se passionnent pour le débat politique français et leur presse en dit long sur leur vision du pays. Quelques extraits :

   En Suisse : L'éternel bipartisme droite-gauche reflète, pour le journal Le Temps, une crise nationale : la France serait un pays coupé en 2 !! La première, explique le quotidien de Genève, "celle qui s'est ralliée à Nicolas Sarkozy, n'en peut plus de la pesanteur et des restrictions imposées par l'Etat, des impôts et des prélèvements, de l'assistanat et des «voyous», qu'elle assimile volontiers à l'immigration. Cette France-là appelle de ses vœux un 'coup de Kärcher' à la fois libéral et sécuritaire. C'est bien ce que redoute la France qui a voté Ségolène Royal : elle craint les effets de la mondialisation, la perte des acquis sociaux, la disparition des services publics… elle ne dit pas non à toute réforme, mais rejette l'opération sans anesthésie que semble lui préparer le docteur Sarkozy."

   En Colombie : "Le slogan que Nicolas Sarkozy veut éviter au second tour est Sarko = facho. Il apparaît clairement que le candidat conservateur va s'attacher à se montrer plus doux, plus paternaliste. Son premier discours d'après-premier tour l'a bien montré. Il doit éviter le baiser de la mort du FN. Il ne faut pas que Le Pen dise de lui qu'il est le candidat idéal."

   En Argentine (l'un de mes articles préférés, qui fleure bon une déception légitime) : "Ce que l'on a vu et entendu pendant la campagne doit servir aussi de contre-exemple pour de nombreux pays émergents ou du tiers-monde qui observent avec dévotion le fonctionnement des opulentes démocraties occidentales : rien n'y est aussi égalitaire ni aussi idéal qu'on peut le penser. Les torrents de boue et de machisme qui se sont déversés sur la candidate ne paraissent pas dignes d'une démocratie avancée. Les questions liées à l'immigration, à l'identité nationale et certaines dérives vers le patriotisme ne semblent pas non plus cadrer avec la vision qu'a le reste du monde d'une démocratie comme celle de la France. Le sexisme et un certain racisme structurel se sont pourtant manifestés quotidiennement ces trois derniers mois. Les immigrés craignent la victoire de Sarkozy. Pour beaucoup, sa présidence équivaudrait à une expulsion, à une réduction de leurs acquis, y compris pour ceux qui résident légalement en France depuis plusieurs décennies et sont parfaitement intégrés. Son discours, qui mêle les idées les plus disparates, incite à la crainte et à la prudence.
Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal sont deux survivants d'un système qui laisse peu de places aux marges. Sarkozy a recueilli un très grand nombre de voix, alors même qu'il a passé cinq ans dans un gouvernement qui a exacerbé la fracture sociale. Royal a eu raison des éléphants – les leaders socialistes – et de tous ceux qui, dans les médias, la considéraient comme une candidate d'opérette. On peut presque penser que la présence de Ségolène Royal au second tour est un miracle. Tout ce que la France compte de personnalités politiques s'est moqué d'elle à un moment ou un autre. Son propre parti n'est pas étranger à cette vague de plaisanteries qui circulaient dans la classe politique française. Ceux-là même qui la défendaient à contrecœur sur les plateaux de télévision dimanche soir l'ont démoli hors caméra."

   En Allemagne : "La hausse soudaine de popularité qu'a connue le candidat du centre François Bayrou dans les sondages il y a deux mois s'est avérée un feu de paille. Pendant un temps, nombre de conservateurs à qui Sarkozy paraissait trop avide de pouvoir, et beaucoup de socialistes qui cherchaient encore un programme précis auprès de la candidate Royal, s'étaient laissés séduire par le sympathique fils d'exploitant agricole qu'était Bayrou. Mais au bout du compte, la perspective d'un flou au niveau du pouvoir les a dissuadés de pencher vraiment en sa faveur. Car à l'Assemblée nationale, Bayrou ne dispose d'aucune base, ce qui, finalement, a dû jouer en sa défaveur aux yeux de beaucoup de Français.
Par conséquent, la vraie surprise de cette élection, c'est la gifle qu'a essuyée l'extrémiste de droite Jean-Marie Le Pen. Avec Sarkozy, Le Pen a trouvé son maître. Sarkozy qui, tout au long de la campagne, est allé à la pêche aux voix à la lisière de la droite en adoptant un discours musclé. La stratégie du candidat de l'UMP, le parti de la droite classique au pouvoir, qui consistait à glaner des suffrages dans le camp de Le Pen sans pour autant en perdre trop au centre, lui aura réussi."

   En Roumanie (bon article dans une certaine mesure. Contrairement à eux, je pense que Ségo n'est pas une "réciteuse" mais que sa sincérité est encore trop "rigide") : "Cartésiens, rationnels, les Français présidentiables n'ont pas misé sur le spectacle mais sur le programme. Ils n'ont pas misé sur la spontanéité des confrontations, qui, dans des moments de crise "d'élocution" fait ressortir une vérité humaine et apparaître le degré de solidité des convictions, des idées, des arguments. Ils ont, en échange, préféré les promesses enflammées dans les bains de foule et les gabarits décevants de marketing électoral : dans le cadre classique de la livraison d'un discours sans interactivité, ces promesses ont semblé, plus que jamais, des instruments de propagande morte. Et pourtant les Français ont voté massivement, avec passion. On a là une leçon étonnante de conscience civique. Un prince et une princesse sont sortis vainqueurs, chacun avec son capital de séduction. Chacun en partie faits d'une fibre on ne peut plus différente.
Ségolène est une vraie princesse, mais elle semble être une princesse "assistée" : derrière ses discours on a pu sentir son armée de conseillers. Elle a, néanmoins, un fort instinct politique. La lumière circonspecte, vaguement inquiète, qui brille dans ses yeux, le temps d'une question de journaliste, peut ensuite disparaître en un clin d'œil : elle se replie rapidement sur son sujet et récite sa leçon de manière impeccable. Avant les élections, elle avait conclu la dernière intervention sur France 2 de manière "royale". "Français, attention, le monde entier nous regarde, attend quelque chose de notre part, une première". D'une certaine façon, elle a attachée à sa robe de possible présidente de la France, le monde entier, comme traîne. Si elle devait gagner les élections le 6 mai, certains craignent que sa traîne ne devienne un habit trop lourd pour ses épaules.
Nicolas est fait dans un autre moule princier. Un qui a besoin de sa cour, une cour qui soit capable d'admirer la clarté et le tranchant de son esprit. Sarkozy n'a jamais laissé transparaître, dans ses discours, son armée de conseillers. Au fil du temps, en tant que ministre vedette, il a affûté ses réactions qui laissent croire qu'il mettrait en pratique tout ce qu'il affirme, tellement il s'agit là de convictions enracinées. Les questions des journalistes ne lui font pas peur, elles lui donnent juste le frisson d'un cheval pur-sang qu'on empêche de courir à sa guise."

   En Belgique : "Le recul de l'extrême droite est frappant, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal ont tous les deux répondu à des thèmes sur lesquels le Front national a (trop) longtemps eu le monopole (sécurité, patriotisme, loi et ordre). Ce résultat prouve que l'on peut récupérer les électeurs d'extrême droite sans pour autant se compromettre avec les partis d'extrême droite."

   En Russie : "En premier, un immigré hongrois avec des racines juives qui affirme "Nous sommes tous Français", propose les réformes économiques les plus radicales, affiche une volonté extrêmement risquée de rupture avec le passé et déclare ouvertement admirer les Etats-Unis. Et malgré cette "marginalité", il a fait toute la course en tête des sondages. Cela semble presque incroyable, mais c'est ainsi.
En deux, une dame. Point. "Si nous élisons une femme, cela signifiera que nous avons changé. Peu importe que Ségolène ait fait un moins bon score que Sarkozy. Si la France vote pour une femme, cela voudra dire que la France est en train de changer. (..).

C'est dès 2002 que la France s'est condamnée à un choix révolutionnaire, horrifiée de s'être vu tomber au niveau de Le Pen. Le résultat du premier tour est intéressant d'un point de vue tactique, mais n'est pas décisif d'un point de vue stratégique, car de toute façon, la France se retrouvera avec un président ou une présidente d'une génération nouvelle, formé autrement, placé face à d'autres défis, parce que l'Histoire n'a pas laissé d'autre solution à ce merveilleux pays."

   En Espagne : "Ségolène et Sarkozy passent avec une avance confortable. L'importante participation me fait penser que quelque chose d'important s'est passé et se passe. Un regain d'intérêt pour la politique. Satisfaction d'abord pour la France. Mais aussi pour l'Europe. Un régime politique qui suscite une telle participation, même si certains veulent le dire en crise, nous montre une santé enviable. Tout va se jouer sur la personnalité des deux candidats. Les programmes seront relégués au second plan. Le vainqueur sera celui qui suscitera le moins d'animosité chez l'électorat. Sarkozy est un candidat terrible, plus dur et professionnel que Ségolène. Mais il peut se blesser tout seul par son tempérament impétueux. Ségolène jouera à fond la carte de la féminité, de la tranquilité tout en étant capable de protéger la société."

   Au Chili : "Les jeux ne sont pas faits, c'est assez ouvert et la bataille sera dure pour Ségolène Royal. Mais elle peut réussir. Au Chili, Michèle Bachelet l'a fait. Elle est à la tête d'un gouvernement social-démocrate-chrétien. Chez vous, on pourrait dire qu'il s'agit d'une alliance de Bernard Kouchner ou Michel Rocard à François Bayrou en passant par Ségolène Royal. Chez nous, nous avons suivi avec attention la campagne de la candidate socialiste car elle a de nombreux points communs avec notre présidente : un père gradé de l'armé notamment. Et les deux femmes se sont imposées dans leur propre camp contre les appareils politiques. Reste à savoir si Ségolène Royal va suivre le même chemin victorieux." 

 

Par Mimy
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Lundi 7 mai 2007

Un nouveau président. Et une nouvelle déception.

Je pense à Ségo, à ce qu'elle a affronté pour arriver au deuxième tour, contre son parti, contre l'avis général. Elle a été combattive et courageuse. Qui peut le nier ? Je pense à ce qu'elle aura encore à affronter, avec les éléphants du PS qui aiguisaient leurs couteaux en silence. En l'accusant d'avoir fait une mauvaise campagne (il faut rappeler qu'elle a tout porté sur ses épaules), ils méprisent une bonne partie de leurs électeurs socialistes qui ont voté et cru en elle. Est-ce digne d'un grand parti démocratique de négliger et railler ainsi une élection qui a porté tant d'espoirs ? Si je me détourne pour un temps du PS, ce ne sera pas à cause d'elle, mais d'eux. Pas un mot pour le chemin parcouru, pas un mot pour les sueurs versées, pas un mot pour elle..

Je mets ici un extrait d'un article de Jean Daniel du Nouvel Obs, qui m'a beaucoup plu :

VOUS AUREZ donc soutenu Ségolène Royal ! –Toute autre attitude eût été indigne de notre histoire. – Vous n’avez aucun regret ? – Aucun. – Si c’était à refaire ? – Je ne vois pas ce que je pourrais faire d’autre. Non, je ne vois pas, quand je pense à l’état dans lequel le Parti socialiste se trouvait il y a à peu près un an. Souvenons-nous : il était encore tout rouge des traces qu’avaient laissées l’échec de Lionel Jospin en 2002 et les déchirements qui ont eu lieu lors du référendum pour le Traité constitutionnel européen de 2005. C’est alors que Ségolène est arrivée, déconcertant par sa détermination sereine et son charme lumineux. Personne ne soupçonnait qu’elle se préparait depuis longtemps à affronter une compétition avec les siens. Personne ne pouvait se douter qu’elle s’y préparait seule, sans équipe, sans appuis, décidée à déjouer les pièges, à éviter les tutelles et à s’affranchir des appareils.

Elle n’a d’ailleurs rien fait d’autre que de résister à tous. Elle a pris le risque d’augmenter le nombre de ses ennemis, la jalousie de ses rivaux, l’impatience de ses aînés. Elle a fait son chemin dans la fameuse solitude du coureur de fond. Elle a fini par occuper le terrain socialiste, puis l’espace de la gauche. Son parcours a eu des ratés, des accidents, des insuffisances. Elle a été parfois trop agressive lors du débat télévisé avec Nicolas Sarkozy. Elle a commis une faute indiscutable à la veille du scrutin en prophétisant des émeutes en cas de victoire de son adversaire. Sur l’exigence de répartir des richesses avant d’en créer, sur l’opportunité d’une VIe République comme sur le projet d’un nouveau référendum sur l’Europe, elle n’a pas été convaincante. Mais sur tous ces sujets son adversaire ne l’a pas été davantage et elle aura dignement représenté la gauche dans un combat qui a passionné un peuple soudain mobilisé, politisé et motivé.

Je ne crois pas, cependant, que les pressions archaïques du vieux Parti socialiste puissent expliquer à elles seules l’échec de Ségolène. Je crois qu’elle n’a pas eu le temps de fourbir ses armes, d’ajuster son tir et de tirer les leçons de son expérience socialiste. Je crois enfin et surtout qu’elle s’est trouvée en face d’une bête politique comme il y en a eu peu dans l’histoire de la République. Rarement un homme a manifesté pendant de si longues années autant de frénétique énergie et de pugnacité obsessionnelle pour conquérir le pouvoir et de diabolique habileté pour faire oublier qu’il l’avait bel et bien exercé. Ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, président de l’UMP, qui dit mieux ? On a dit de Ségolène qu’elle se croyait habitée. Elle l’était. Lui, Sarkozy, pour aller jusqu’au bout d’une ambition dévastatrice, n’a cessé de combattre dans la fureur et la certitude.

Par Mimy
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Vendredi 18 mai 2007

C'est ce matin, en ce vendredi 18 mai 2007, au lendemain de l'arrivée de François Fillon à Matignon, que le nouveau gouvernement de ce dernier a été proclamé par le secrétaire général de L'Elysée, Claude Guéant. La liste des 15 ministres a été établie selon les dires de M. Sarkozy pendant la campagne, prônant une "réelle" parité et "l'ouverture" au-delà des partis et des clivages.

Sous la houlette du Premier ministre François Fillon, ce seront donc 7 femmes et 8 hommes qui siègeront au Conseil des ministres, ainsi que 4 secrétaires d'Etat et un Haut-Commissaire :

  • Alain Juppé
    ministre d'Etat, ministre de l'Ecologie, du développement et de l'aménagement durables
  • Jean-Louis Borloo
    ministre de l'Economie, des Finances et de l'Emploi
  • Michèle Alliot-Marie
    ministre de l'Intérieur, de l'Outre-mer et des collectivités territoriales
  • Bernard Kouchner (PS)
    ministre des Affaires étrangères et européennes
  • Brice Hortefeux
    ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Co-développement
  • Rachida Dati
    garde des Sceaux, ministre de la Justice
  • Xavier Bertrand
    ministre du Travail, des Relations sociales et de la solidarité
  • Xavier Darcos
    ministre de l'Education nationale
  • Valérie Pécresse
    ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche
  • Hervé Morin (UDF)
    ministre de la Défense
  • Roselyne Bachelot-Narquin
    ministre de la Santé, de la Jeunesse et des sports
  • Christine Boutin
    ministre du Logement et de la Ville
  • Christine Lagarde
    ministre de l'Agriculture et de la Pêche
  • Christine Albanel
    ministre de la Culture et de la communication, porte-parole du gouvernement
  • Eric Woerth
    ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique
  • Roger Karoutchi
    secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre, chargé des Relations avec le Parlement
  • Eric Besson (ancien membre PS)
    secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre, chargé de la Prospective et de l'évaluation des politiques publiques
  • Dominique Bussereau
    secrétaire d'Etat auprès du ministre d'Etat, ministre de l'Ecologie, du Développement et de l'aménagement durables, chargé des Transports
  • Jean-Pierre Jouyet (ancien membre PS)
    secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires étrangères et européennes chargé des affaires européennes
  • Martin Hirsch
    Haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, nouvellement ex-président d'Emmaüs France 

Le tout premier Conseil des ministres aura lieu vendredi après-midi à 16h30.

 

Par Lilou
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Vendredi 25 mai 2007

   Aujourd'hui je vais vous parler d'une femme très médiatisée, mais trop peu connue du grand public, histoire qu'on comprenne pourquoi on nous rabâche les oreilles avec son nom. J'avais envie depuis longtemps de faire un article sur elle.

   Elle naît dans une famille aisée et cultivée de Bogota, en Colombie, le 25 décembre 1961. Son père, Gabriel Betancourt, est ministre de l'Education puis diplomate, et sa mère est une ancienne Miss devenue sénatrice. Betancourt fait de brillantes études à Sciences Politiques de Paris, puis épouse un diplomate français, Fabrice Delloye, devenant ainsi franco-colombienne.

   Lorsqu'en 1990, un candidat à la présidence colombienne, Luis Carlos Galan, qui réclamait courageusement l'extradiction des narcotrafiquants, est assassiné, elle décide de rentrer dans son pays avec ses deux enfants, Mélanie et Lorenzo. Elle s'engage en politique, et entre au ministère des Finances. Elle découvre toute la corruption qui entâche la vie politique de son pays. Elle est élue aux élections législatives. Puis la jeune députée, candidate à la chambre des députés en 1994, va chercher ses électeurs jusque dans les lieux les plus dangereux de la capitale. Elle dénonce les politiciens compromis avec la mafia, et même le président Ernesto Samper qu'elle accuse d'avoir financé sa campagne avec l'argent de la drogue. Samper doit se justifier devant la justice, mais son procès est truqué. Betancourt entame alors une grève de la faim dans les couloirs du Parlement !

   En 1998, elle créé un parti écologiste, Oxigeno Verde. Son ambition est de combattre la corruption et les narcotrafiquants qui font règner la terreur dans le pays. Elle espère ainsi nettoyer le pays le plus corrompu d'Amérique latine ! La même année, elle devient le sénateur le mieux élu de Colombie ! Sa popularité est immense, elle fait régulièrement scandale dans les médias, notamment lorsqu'elle distribue des préservatifs aux passants en déclarant : "La corruption est le sida de notre société, protégeons-nous !". Son franc-parler lui attire beaucoup d'ennemis, et elle échappe à plusieurs attentats. Elle reçoit des menaces de mort et vit sous la garde rapprochée de ses gardes du corps.

   En 2002, Betancourt décide de se présenter à la présidence et, toujours provocatrice, se met à distribuer du Viagra pour illustrer la vitalité de sa campagne. Elle démissionne du sénat sur ces mots : "Quand je serai élue, je vous mettrai tous à la porte, parce que vous êtes tous corrompus !". On la présente comme la Jeanne d'Arc colombienne.

   Le 23 février 2002, Ingrid Betancourt se fait enlever par les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) alors qu'elle se rendait avec sa directrice de campagne, Clara Rojas, à San Vicente. San Vicente appartient aux FARC, mais son maire est un élu du parti de Betancourt. Elle voulait s'y rendre "pour exiger des garanties pour la population civile de la zone, et pour montrer à la population de San Vicente que je tiens mon engagement d'être avec eux dans les bons et les mauvais moments..". Clara Rojas, qui aurait pu être libérée, décide de rester à ses côtés.

   La dernière vidéo prouvant que Betancourt était encore en vie, a été diffusée le 30 août 2003, elle y refusait d'être échangée contre des guérillos FARC emprisonnés (ce que réclament les FARC). En s'adressant à sa famille : "Je sais que ce que je vous dis est dur pour vous et aussi dur pour moi, mais je crois que si nous voulons semer la paix en Colombie, nous devons agir en fonction de nos principes et non en fonction de nos seuls intérêts".

   Le 16 Mai (assez récemment donc), John Frank Pinchao Blanco, un policier colombien, lui aussi otage des FARC, a réussi à s'enfuir !! Il raconte qu'il a vu Ingrid le 28 Avril de cette année, elle serait donc encore en vie, ainsi que Clara Rojas, qui aurait eu un enfant avec un FARC. Il raconte que Betancourt était parfois maltraitée à cause de son insoumission et de ses tentatives d'évasion (5 apparemment).

   D'autres paroles d'Ingrid Betancourt :

"Le conflit colombien est compliqué. Le combustible qui est en train de faire marcher cette machine de la guerre est le trafic de la drogue. C'est le trafic de la drogue qui finance la guérilla, c'est le trafic de la drogue qui finance les paramilitaires, c'est le trafic de la drogue qui finance aussi beaucoup de politiciens traditionnels, corrompus, qui détiennent le pouvoir."

"Je suis convaincue que nous ne pouvons pas demander à nos soldats d'être prêts à donner leur vie pour nos institutions, pour défendre nos droits, si nous ne sommes pas nous-mêmes prêts, lorsque nous sommes touchés personnellement, à risquer notre vie pour défendre notre propre liberté.. On ne peut pas renoncer à la liberté, même pas par prudence".

"Je crois trop en ce que je fais pour que même le risque de la mort puisse m'arrêter. Je porte sur mes épaules l'espoir de beaucoup de Colombiens, trop de Colombiens."

"J'ai compris aussi ce que c'est être grand, être grand ce ne sont pas les honneurs, être grand c'est avoir du temps pour les autres."

"J'aime passionnément vivre, je n'ai pas envie de mourir. Tout ce que je contruis en Colombie, c'est aussi pour avoir le bonheur d'y vieillir. Pour avoir le droit d'y vivre, sans craindre le malheur pour tous ceux que j'aime."

"Nous, Colombiens, rêvons de paix, d'harmonie, de justice, et nous apprenons à nos enfants à vivre dans l'ingénuité pour ne pes perdre ce qui nous reste de Paradis. Avec de tels trésors, il ne sera pas difficile de construire la Colombie dont je rêve, dont nous sommes nombreux à rêver."

 

 

Par Mimy
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Samedi 26 mai 2007

   Glaçant ! Il a dit glaçant. Mais s'il ne l'avait pas dit ?
   Car enfin, sept jours avant que François Bayrou ne laisse tomber ce glacial jugement, le généticien Axel Kahn avait déjà, dans Marianne, agité le grelot. Ainsi Nicolas Sarkozy, qui, déjà (ceci explique cela), voulait faire repérer chez les marmots de 2 ans les bourgeons de la délinquance, avait pu, dans Philosophie Magazine, déclarer que, selon lui, la pédophilie et le suicide des adolescents étaient d'origine génétique, qu'on était en quelque sorte biologiquement programmé pour la déviance ou l'autodestruction, que l'action éducative ou sociale n'y pouvait rien, le rachat ou la miséricorde divine non plus - retour terrifiant du concept eugéniste du gène du crime - sans que, pendant dix jours, aucun journal quotidien ou hebdomadaire, aucune radio ou télévision réagisse. Ainsi, pour ne prendre qu'un exemple, avant la riposte bayrouiste, notre confrère le Monde, que des dérapages de Le Pen qui allaient beaucoup moins loin faisaient immédiatement monter au créneau, n'avait même pas consacré 10 lignes réprobatrices à cette stupéfiante rémanence de l'idéologie socio-biologique de l'extrême droite païenne. Comme s'il était beaucoup plus dangereux de tacler le patron de l'UMP que de stigmatiser le leader du Front national.
   Comme si Sarkozy faisait peur. Or cette sortie intervenait après l'annonce de la création, en cas de victoire de la droite, d'un « ministère de l'intégration et de l'identité nationale », annonce qui avait littéralement sidéré, et pour cause, la presse allemande, et dont même l'extrême droite autrichienne de Jôrg Haider avait tenu à dénoncer les « nauséeux relents ». Et, surtout, après la série de furieuses philippiques, telles qu'on n'en avait plus entendu depuis quarante ans, inimaginables dans quelque pays européen civilisé que ce soit, relents de propagande stalinienne des années 50 et de rhétorique fascisante d'avant-guerre, qui revenaient à décrire les concurrents du leader UMP, qu'ils fussent centristes ou sociaux-démocrates, comme les candidats protégeant les délinquants, le vol et la fraude, donc du crime, les suppôts des voyous, les représentants du parti des malhonnêtes gens et de la dégénérescence morale, l'anti-France enfin, c'est-à-dire l'incarnation de la haute trahison. Or, cela n'avait nullement empêché que Jean-Louis Borloo, même malheureux comme les pierres, s'aplatisse ; que Simone Veil, fût-ce de la plus mauvaise grâce possible, assure la claque et, dans un premier temps au moins, que les médias, presque tous les grands médias, s'écrasent. Tant le personnage fait peur.

   SES MOTS POUR LE DIRE
   Pourquoi ? Parce que ses entreprises de séduction envoûtent. Parce qu'il dispose, partout, et surtout dans les médias, d'amis dans la place et très hauts placés ? Ou parce qu'on redoute la brutalité de ses réactions ?
   La preuve par l'affaire Azouz Begag. La scène se passe en 2006 : le ministre délégué à l'Egalité des chances, interpellé à propos de quelques fortes saillies du ministre de l'Intérieur, s'excuse : « Je ne m'appelle pas Azouz Sarkozy. » En guise d'agression, on a connu plus destructeur ! Aussitôt, explosion de fureur de Sarkozy qui menace « de casser la gueule de l'insolent » et lui hurle, par saccades rageusement répétitives, qu'il est « un connard, un salaud, qu'il ne veut plus jamais le voir sur son chemin ». On imagine, un instant, Malek Boutih racontant, dans un livre, que Ségolène Royal lui a aboyé à la figure que François Hollande allait « lui casser la gueule » parce qu'il aurait osé murmurer : « Je ne m'appelle pas Malek Royal. » Aussitôt, invitation sur tous les médias à raconter l'histoire, comme l'ex-socialiste Eric Besson. Là, service minimum. C'est Sarkozy qui a obtenu, comme toujours, le temps de parole. Pour expliquer que ce n'était là qu'infâme menterie. D'ailleurs, a-t-il expliqué sur iTélé, il « croit n'avoir jamais rencontré Azouz Begag». Surréaliste ! Depuis deux ans, ils font partie du même gouvernement. On imagine ce que signifierait le fait qu'effectivement, bien que siégeant sur les mêmes bancs et participant aux mêmes conseils, Sarkozy ait refusé de voir Begag !

   Pour une fois, cependant, le démenti sarkozyen fait flop. Tout le monde sait, en effet, que les mots que rapporte Azouz Begag sont les siens et pas les pires ; que ces derniers jours, par exemple, il n'a cessé de traiter de « connards » ses propres conseillers et animateurs de campagne, accusés d'être responsables de la moindre difficulté de campagne. Un article qui le défrise dans Libération ? Il téléphone au propriétaire, qui est un ami : « Vous êtes un journal de merde ! Avec des journalistes de merde ! » II refuse, contrairement à Royal et à Bayrou, pourtant très maltraité par Libé, de se rendre dans ce journal pour un entretien avec la rédaction : « Libé n'a qu'à se déplacer ! ». Il considère qu'il n'a pas été reçu à France 3 national avec les honneurs qui lui sont dus. A l'adresse de la direction il hurle : « Si je suis élu, je vous ferai tous virer ! »

   INSULTES...
   C'est d' « enculés » que se font traiter les confrères d'une radio qui lui ont apparemment tapé sur les nerfs... qu'il a sensibles. Il soupçonne un journaliste d'être favorable à François Bayrou. « Ils couchent ensemble », commente-t-il. Evoquant certains de ses adversaires, il prévient, carnassier : « Je vais tous les niquer. Les niquer ! » Plus macho, tu ouvres un harem. Parlant de Michèle Alliot-Marie, qu'il soupçonnait, à tort, d'avoir joué un rôle trouble dans l'affaire Clearstream, ne l'appelle-t-il pas « la salope » ? L'économiste et expert financier Patrick Artus critique certaines propositions du candidat UMR II reçoit aussitôt un mail de son chef de cabinet « On s'en souviendra ! » Même expérience rapportée par un industriel qui eut le malheur de déplaire : « On se retrouvera. On est pour moi ou contre moi ! » « Je n'ai jamais été confronté, raconte ce patron, à un entourage aussi agressif, aussi belliqueux. » Pourquoi le préfet Dubois, responsable des relations presse de la Préfecture de police, est-il débarqué du jour au lendemain : parce qu'il aurait ricané des ennuis conjugaux du ministre !


   Une enquête télé avait été réalisée dans les Hauts-de-Seine. Elle montrait l'incroyable pesanteur des pressions (avec carotte et bâton, promesses et chantage) qui se sont exercées sur les élus UDF de ce « Sarkoland » pour qu'ils lâchent Bayrou. L'enquête en question a été « trappée », comme on dit, sur ordre de la direction. Elle aurait déplu ! Sur une radio, interdiction a été faite à un confrère de rappeler, statistiques à l'appui, que le bilan du ministre en matière de sécurité n'est pas bon. Ça eût dérangé !IL N'A PLUS BESOIN D'INTERVENIR
   Or, comme on ne prête qu'aux riches, on soupçonne systématiquement Sarkozy d'être intervenu. Mais, le plus souvent, ce n'est pas le cas. Ce n'est pas la peine. Il n'a même pas besoin. Quand Paris Match avait publié un reportage sur les amours new-yorkaises de Cécilia et de son chevalier servant, il avait, effectivement, proclamé à la cantonade qu'il aurait la peau du directeur de la rédaction, Alain Genestar. Mais il en resta là. Mieux : il obligea Arnaud Lagardère à attendre plusieurs mois avant de le virer. Au Journal du dimanche, mieux encore : parce qu'il avait appris qu'on s'apprêtait à virer le directeur de la rédaction du journal, soi-disant pour lui complaire, il n'intervint cette fois, après avoir reçu et sans doute retourné le confrère, que pour exiger qu'il reste en place. Il a même tenu à donner son avis sur la journaliste politique que devrait embaucher une radio et sur le directeur que ne devrait pas engager Libération ! Ne prend-il pas un malin plaisir à lancer aux journalistes qui lui font cortège :
«Je connais très bien votre patron. Je sais ce qui se passe dans votre rédaction. »
On s'interroge donc : outre ses très fortes accointances avec les grands patrons des groupes de médias, est-ce la crainte qu'il suscite, la peur des représailles s'il est élu, qui expliquent cette relative impunité dont bénéficie Sarkozy quand il tient des propos ou prend des initiatives qui, venant de Le Pen ou de Ségolène Royal, provoqueraient une irruption réprobatrice dans le landernau ?


   Pourquoi toutes ces angoisses affichées en privé, peut-être excessives, mais qui ne s'expriment jamais en public : cette star de la télévision évoque, en cas de victoire du candidat UMP, « un risque de contrôle quasi totalitaire des médias » ; cette consœur de LCI se dit « terrorisée à l'idée d'une présidence sarkozyste » ; cette journaliste du Figaro, qui connaît bien le candidat, et livre une description effectivement assez dantesque de son caractère. Mais pas question de se dévoiler. Il fait peur. « Ma rupture avec lui, confie Jean-François Probst, ex-secrétaire général adjoint du RPR des Hauts-de-Seine et collaborateur de Charles Pasqua, c'est le gaullisme. Je voulais, j'espérais qu'il serait l'homme de rassemblement. Or, il ne cesse de semer la division. Et j'ai passé l'âge de me laisser impressionner par un Hortefeux hystérique. »
Mais les autres ?
LES CONFRÈRES ETRANGERS OSENT, EUX !
   Les confrères étrangers, eux, n'ont évidemment pas ces pudeurs. Le correspondant à Paris d'une radio suédoise interroge tout de go : « Sarkozy ne représente-t-il pas un risque de dictature ? » Un journaliste de la télévision croate qui a suivi le candidat dans ses pérégrinations en dresse un portrait, d'ailleurs exagéré, à faire dresser les cheveux sur la tête. Le Süddeutsche Zeitungde Munich dépeint « un macho sans scrupule et brutal qui joue avec la peur des gens ». Le Frankfurter Allgemeine Zeitung lui décerne le prix de « l'homme politique le plus ambitieux et plus impitoyable d'Europe qui n'a pas de vraie conviction, mais s'aligne sur l'humeur du peuple ». Le quotidien espagnol El Pais voit en lui un héritier populiste des « régénérationnistes de la droite espagnole de la fin du XIX' siècle ». Le Tageszeitung de Berlin (de gauche, il est vrai) décrit un George Bush tricolore qui veut imposer en France l'idéologie de la droite néoconservatrice américaine. La presse italienne insiste sur sa proximité avec la droite postfasciste de la péninsule (qui s'est, avec Gianfranco Fini, ouverte à la modernité). Si la presse conservatrice britannique identifie volontiers, avec admiration, Sarkozy à Mme Thatcher, la plupart des journaux européens, en particulier Scandinaves, l'assimilent plutôt à un aventurier néobonapartiste qui représenterait une grave menace pour la démocratie.
LA PEUR DE LA TRAPPE
   En France, en revanche, tout se passe comme si ce type d'analyse était indicible. On n'ose pas. On a peur. De quoi ? Des représailles si Petit César l'emporte ? De la trappe qui s'ouvrira aussitôt ?
   Celle qui s'est ouverte, par exemple, sous les pieds de la députée UMP Nadine Morano. Elue de Lorraine, fervente sarkozyste, talentueuse femme de tempérament, n'ayant pas froid aux yeux, elle faisait partie de la task force du candidat. Et, soudain, à la trappe ! Officiellement, parce qu'un reportage diffusé sur France 3 lui a attribué un rôle un peu ridicule. Mais il se trouve qu'étant l'une des rares à oser s'adresser avec franchise à son héros elle lui avait fait remarquer que, entouré d'une nuée de courtisans qui passaient leur temps à chanter ses louanges et sa gloire, il était devenu allergique à la moindre remarque critique. Elle s'était en outre inquiétée de sa tendance à s'immerger compulsivement dans les sondages qui lui renvoyaient constamment sa propre image. Résultat : out ! « Cramée », disent les « bonnes camarades » de la pécheresse. Il fait peur.
   Eh bien, il est temps de soulever cette chape de plomb. De braver cette conspiration du silence.

Par Mimy
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Lundi 4 juin 2007

Comment ne pas vous parler de mon premier stage à la télé, un stage d'observation certes, mais non moins utile pour mon orientation future? Car, oui, quel média me conviendrait le mieux? C'est une question que beaucoup de futurs journalistes se posent...Pour cela, il n'y a que les stages qui puissent nous aider à faire notre choix. L'été dernier, j'ai déjà fait mes premières armes dans un quotidien régional, j'y ai écrit pendant 1 mois et demi. Ces tout premiers pas ont été décisifs, car c'est depuis ce stage, où j'ai vraiment pu exercer le métier au même titre que les journalistes, que je me suis engagée corps et âme dans cette voie professionnelle...J'ai donc voulu essayer de rentrer dans le cercle très fermé de la télévision pour en saisir les différences avec la presse écrite : la semaine dernière, du 9 au 11 Mai, j'ai ainsi pu observer durant 3 jours la rédaction de France 3 Alsace à Strasbourg. Voici le récit ma première journée :

J'arrive à l'accueil de France 3 Alsace à 8h15, car la réunion matinale des journalistes a lieu à 8h30. Je demande à voir Frédéric Michel, qui est le maître de stage qui m'a été attribué. On me dit de monter directement à la rédaction car ce dernier m'attend. J'arrive au 3ème étage. Frédéric vient à ma rencontre, se présente. C'est un homme plutôt petit, une ressemblance dans l'allure avec Gérard Jugnot, l'air affable et le tempérament très vif. Il me propose d'aller lire un journal. Premier point commun avec la presse écrite. Chaque journée commence avec la lecture de l'actualité. Puis, après voir pris le numéro du DNA (Dernières Nouvelles d'Alsace), je dois suivre Fred à la fameuse réunion. Je pénètre dans la salle de conférence, la réunion a commencé depuis quelques minutes et tous les journalistes (ou presque) sont déjà assis. Fred s'excuse discrètement du retard et traverse la salle. Je le suis. Il reste 2 chaises, je m'assois, sans savoir que c'est à côté du chef d'édition, également rédacteur-en-chef adjoint, un certain John. J'écoute attentivement les critiques des sujets de la veille, et les discussions sur ceux du JT du midi et de celui de 19h, tandis que Fred lit le Libé et ricane devant un article raillant la pseudo-boom de Sarko, au soir du 6 Mai, place de la Concorde, avec comme musique, tout ce qui avait de plus actuel et tendance : Mireille Mathieu entonnant (ou toniturant) la Marseillaise devant des milliers de sympathisants du candidat de l'UMP. Ce dernier faisant même signe à Mireille d'y aller un peu moins fort. ...Avant la fin de la réunion, Fred annonce à tout le monde ma présence en tant que stagiaire et me demande de me présenter à toute la rédaction. Mon premier speech devant des professionnels, même si ça a été très court, j'étais très impressionnée. Une fois m'être présentée, tout le monde part vaquer à ses occupations, et je suis Fred en reportage, et Yves, un J.R.I (Journaliste Reporter d'Images, c'est-à-dire, le caméraman).

 

Nous partons pour Kehl, la ville allemande juste en face de Strasbourg. Le sujet du reportage est "quel pays est le plus avantageux au niveau des prix?". Nous nous rendons à la "Stadthalle" où doit avoir lieu une conférence sur le sujet. Nous rencontrons un responsable qui nous emmène dans un magasin allemand. Yves y fait quelques plans pendant que Fred pose des questions. Puis Fred improvise une interview dans un rayon du magasin. Une fois l'interview terminée, nous nous rendons dans un centre-commercial allemand et guettons des français, en observant les plaques numéralogiques des voitures. Nous trouvons 2 françaises. Mais Fred, perfectionniste, cherche à avoir l'avis d'un homme également...En vain, malheureusement, le matin, ce sont surtout les femmes qui ont la lourde tâche des courses...Bref, nous retournons finalement à la rédaction pour manger. Fred a un rendez-vous et ne peut m'accompagner à la cantine de France 3. C'est donc Yves qui s'y colle. L'ambiance à la cantine semble conviviale, même des enfants de l'école d'à côté y mangent. Une fois le repas englouti, Yves doit me laisser, et je retourne au bureau de Fred. Je m'y installe et lis, en attendant 14h30 pour la suite du reportage...

 

14h: Fred est de retour, et doit faire quelques trucs avant qu'on y retourne. Puis arrive Grégory, un homme au physique plutôt agréable, la trentaine, brun, avec de beaux yeux bleus, je dois l'avouer...Il s'installe au burau d'en face.

 

Puis il s'adresse à moi, en souriant : "Ca va?"

Etonnée, car je ne sais pas qui il est, je bredouille: "Euh, oui, merci".

Il poursuit: " Alors comme ça tu es collégienne, euh non lycéenne , c'est ça?"

Je fais mine de me vexer : "Moi, collégienne?? !! Non, pas du tout!! J'ai l'air d'une collégienne??Je suis à la fac!!"

"Excuse-moi, dit-il avec un air amusé, c'est qu'en fait, nous recevons surtout des collégiens et des lycéens de Strasbourg. Et d'ailleurs, ça fait longtemps que je n'en prends plus sous mon aile, car les stages ressemblaient de plus en plus à du baby-sitting. Aucun d'entre eux ne s'intéressait un tant soit peu au métier, ils passaient leur temps à surfer sur le net..."

Je rétorque: "Moi, si je suis là, c'est pour observer, c'est le but de mon stage!"

"Je n'en doute pas, t'as quel âge?"

"20 ans."

"Ok, tu comprends l'anglais?"

Fred répond pour moi : "Oui, mais elle parle surtout allemand!" (Euh...)

Greg se lève, cherche une feuille dans un dossier, la photocopie et vient me la donner. Il m'explique : "Voilà, c'est un plan de la régie que j'ai écrit en anglais car il était destiné à un groupe de croates. J'espère que ça te servira!"

"Merci, c'est très gentil!"

"Et si ça te dit, tu peux venir ce soir avec moi sur le plateau pour le journal..."

C'est là que je comprends que Greg est le présentateur du JT (d'où son physique plaisant)...Fred s'étonne d'ailleurs de cette proposition , car en temps normal, ce n'est pas autorisé, mais comme je suis quelqu'un à l'apparence plutôt calme, je ne risque pas de perturber le bon déroulement du JT.

 

14h30 : Nous partons pour un centre commercial, français, cette fois, et tentons de trouver des allemands qui viendraient y faire leurs courses. Fred finit par interviewer un couple d'allemands, pour lequel j'ai fait la traduction ( toute fière de moi, car j'ai participé au reportage, hihi). Et nous rentrons à France 3 pour monter le reportage: le monteur coupe, colle les images pour en faire une vidéo logique d'après les (parfaits) commentaires que Fred énonce clairement à haute-voix, une voix de radio (Fred a fait de la radio, et ça s'entend). Une fois que les commentaires collent avec les images, on va au mixage pour enregistrer le commentaire de Fred sur la vidéo. Le produit est finalisé, et on peut le donner à la régie qui le diffusera. Fred a terminé sa journée, et m'emmène sur le plateau pour assister au JT. Il demande à Greg si je peux venir...

Ce dernier m'appelle : "Oui, Hélène, viens, tu peux t'asseoir sur cette chaise...Ca va? C'est bon?"

"Oui, merci."

Je discute, un peu avant le lancement, avec le cadreur, il me parle de ses connaissances à Arte ...Puis le décompte commence... 3, 2, 1,...Le jingle du 19/20 est lancé, je me tais. Greg se concentre...Et c'est parti pour presqu'une demi-heure de journal. Greg annonce les titres. Le reportage de Fred doit passer en deuxième. A sa diffusion, je souris, fière d'un labeur de toute une journée auquel j'ai un peu contribué. A la suite du reportage, Greg interroge l'invité du journal sur le sujet, ensuite les autres reportages sont diffusés, et le journal se termine. Greg discute encore un peu avec l'invité, puis vient vers moi pour me demander si j'ai aimé. Tout enthousiaste, et je l'étais vraiment, je lui réponds : " C'était très bien, j'ai vraiment aimé!!!"...Chose qui a sûrement dû lui faire plaisir...Je pense que c'est pour ça qu'il a été très gentil avec moi par la suite et qu'il m'a proposé ses coordonnées, sans que je n'aie eu besoin de les lui demander. N'ayant pas trop le temps de rester, même si je vois qu'il aurait bien voulu discuter avec moi, je lui dis que je dois rentrer chez moi. Il me demande combien de jours je reste encore. Je lui réponds que je ne suis là que jusqu'à vendredi... "Alors, nous ne nous reverrons pas, car je pars à Genève dès demain, m'annonce t-il, mais, bon courage pour la suite et écris-moi si t'as la moindre question, ok?" Je remercie Greg vivement, surprise de tant d'attention envers une stagiaire aussi peu qualifiée que moi...

 

La journée finie, je rentre chez les amis de ma mère, encore toute rêveuse et ébahie par ce premier jour riche de rencontres passionnantes...

Par Lilou
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Dimanche 10 juin 2007

J'ai reçu un mail d'une copine de Lyon, pour m'apprendre un terrible évènement. J'avais déjà pas très envie de rentrer..

Une jeune rwandaise, étudiante à Lyon II en sciences économiques, a été retrouvée sauvagement assassinée dans les toilettes d'un TGV. Elle aurait été victime de plusieurs coups de couteau. Elle se rendait à Genève dans l'après-midi du mercredi 6 Juin pour l'enterrement de son oncle, un député socialiste, premier homme de couleur élu président d'un conseil municipal suisse (je pense pas qu'il y ait de rapport mais bon..). Le trajet ne devait même pas durer 2 heures ! La police lyonnaise a d'abord émis l'hypothèse qu'Ange se serait prostituée (!!!) ce qui a été démenti par la suite et a scandalisé sa famille et ses amis.

Un crime raciste ordinaire ?

Des étudiants lyonnais ont appelé à la mobilisation pour manifester contre le mutisme des médias sur l'affaire. Et l'enquête piétine.

Elle s'appelait Ange Mugeni et avait mon âge.

Je suis désolée de ne pas avoir pu participer à la manifestation. Plus de 400 personnes auraient défilé dans les rues de Lyon.

Par Mimy
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